Algérie

13 avril 2019 18:01; Act: 13.04.2019 18:14 Print

Des magistrats entendent boycotter la présidentielle

L'organisation du scrutin du 4 juillet par un proche du «système» Bouteflika ne rassure pas beaucoup d'Algériens.

Sur ce sujet
Une faute?

Des magistrats, maillon important de l'organisation des scrutins en Algérie, vont boycotter la supervision de l'élection présidentielle du 4 juillet, en soutien au mouvement de contestation. Ils l'ont annoncé samedi à Alger.

Le président par intérim Abdelkader Bensalah a annoncé mercredi l'organisation d'un scrutin présidentiel le 4 juillet, pour trouver un successeur à Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier a démissionné après avoir été lâché par l'armée à l'issue de plusieurs semaines de manifestations monstres.

Les contestataires sont néanmoins redescendus dans la rue en nombre vendredi, estimant que les dirigeants actuels, issus du «système» Bouteflika, ne peuvent garantir un scrutin libre et équitable.

Plus d'une centaine de magistrats ont manifesté devant le ministère de la Justice à Alger samedi, à l'appel du Club des magistrats, une organisation en cours de constitution. Elle se présente comme l'organe regroupant la majorité des juges en rupture de ban avec le Syndicat national des magistrats (SNM), proche du pouvoir.

«Le Club des magistrats a décidé de boycotter l'opération de supervision de l'élection présidentielle», a déclaré Saad Eddine Merzoug, juge d'instruction à la Cour d'El Oued (nord-est). Et de souligner que le Club des magistrats compte des représentants dans toutes les cours de justice et tous les tribunaux du pays. Il n'a toutefois pas donné de chiffre exact.

Les magistrats jouent un rôle majeur dans l'organisation des scrutins en Algérie, car ils sont notamment chargés de superviser le fichier électoral, point de discorde récurrent entre l'opposition et le pouvoir. Une révision exceptionnelle des listes électorales est prévue du 16 au 24 avril, dans la perspective du scrutin du 4 juillet.

(nxp/ats)