Yémen

22 juin 2011 11:12; Act: 22.06.2011 12:42 Print

Des membres d'Al-Qaïda s'évadent

Des membres du groupe terroriste ont attaqué une prison du sud du pays, mercredi, permettant l'évasion d'une soixantaine de détenus.

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Une soixantaine de détenus liés à Al-Qaïda se sont évadés mercredi d'une prison de Moukalla, dans le sud-est du Yémen, après avoir attaqué leurs gardiens et tué l'un d'eux, ont indiqué un responsable local et des témoins.

Ce responsable avait indiqué dans un premier temps que des hommes armés liés à Al-Qaïda avaient attaqué la prison centrale de Moukalla, principale ville portuaire de la province du Hadramaout, où sont détenus une centaine de membres du réseau, pour permettre l'évasion de leurs camarades.

Un garde tué

Mais il a précisé par la suite que les détenus ont attaqué les gardes et se sont emparés de leurs armes avant de fuir.

Un garde a été tué et deux autres blessés, ainsi qu'un prisonnier, selon des sources médicales.

Un responsable local a affirmé que 62 prisonniers au total avaient fui, et que deux avaient pu être arrêtés.

Selon des témoins, une quarantaine de détenus ont été vus en train de fuir vers la montagne surplombant la prison.

D'après une source de sécurité, plus de cent détenus d'Al-Qaïda y étaient incarcérés, dont 58 condamnés à diverses peines de prison.

Le réseau étend son influence

Cette évasion collective intervient alors que le réseau étend son influence dans le sud du Yémen, à la faveur de l'instabilité découlant de l'affaiblissement du pouvoir central.

Des centaines d'hommes armés se réclamant des Partisans de la Charia, un groupe qui serait lié à Al-Qaïda, ont pris le 29 mai la ville de Zinjibar, chef-lieu de la province d'Abyane.

Depuis, les combats entre ces militants armés et les forces de sécurité ont fait plus de 100 morts parmi les forces gouvernementales.

Des généraux dissidents avaient accusé le président contesté Ali Abdallah Saleh d'avoir livré la ville aux «groupes terroristes armés» afin «d'agiter l'épouvantail d'Al-Qaïda» et de pouvoir continuer à jouir d'un soutien international.

Un chaos provoqué par le régime

A Moukalla également, le porte-parole des associations de la société civile dans la province du Hadramaout, Nasser Bakazkouz, a accusé les autorités d'avoir facilité l'évasion des militants d'Al-Qaïda.

«Le régime vit ses dernières heures, et veut provoquer le chaos dans la province de Moukalla», a-t-il déclaré à l'AFP.

Le président Saleh, cible d'une vague de contestation populaire depuis le mois de janvier, est hospitalisé à Ryad après avoir été blessé dans une attaque contre la mosquée du palais présidentiel à Sanaa le 3 juin.

Le coordinateur pour l'antiterrorisme au département d'Etat américain, Daniel Benjamin, avait estimé le 14 janvier que l'agitation au Yémen profitait à Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), implanté dans l'est et le sud du pays.

«Ils opèrent plus ouvertement», «c'est un grande source d'inquiétude», a expliqué M. Benjamin, estimant que la nébuleuse terroriste menaçait la stabilité du pays.

(afp)