Mer Méditerranée

25. Juni 2019 15:53; Akt: 25.06.2019 15:53 Print

Des migrants errent «comme dans une prison»

La tension monte autour du Sea-Watch, un navire humanitaire bloqué en mer depuis plus de 10 jours avec 42 migrants à son bord.

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La tension montait mardi autour du navire humanitaire Sea-Watch, qui menace de forcer le blocus italien au large de l'île de Lampedusa pour débarquer 42 migrants bloqués à bord depuis 13 jours. «Je vais entrer dans les eaux italiennes et les porter en lieu sûr à Lampedusa», a déclaré la capitaine Carola Rackete, dans une interview publiée mardi par le quotidien italien La Repubblica.

Elle a précisé attendre la décision de la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg, qui doit se prononcer mardi après-midi sur une demande de «mesures provisoires» déposée par l'ONG allemande Sea-Watch.

La jeune capitaine allemande de 31 ans risque des poursuites pour aide à l'immigration clandestine, ainsi que la saisie du bateau et une amende de 50'000 euros conformément à un nouveau décret du ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini (extrême droite).

«Il peut rester là jusqu'à Noël et le Nouvel An»

«En ce qui me concerne, le Sea-Watch n'arrivera pas en Italie, il peut rester là jusqu'à Noël et le Nouvel An», a répliqué mardi matin l'homme fort du gouvernement italien, qui pointe régulièrement du doigt les Pays-Bas, dont le Sea-Watch bat le pavillon.

«Cela fait 13 jours, ils auraient eu le temps d'aller aux Pays-Bas et de revenir», a-t-il ajouté, en accusant l'ONG de tenir les migrants «en otage» à des fins de provocation politique.

Sur les 53 migrants secourus le 12 juin par le Sea-Watch au large de la Libye, l'Italie a accepté le débarquement de 11 personnes vulnérables (enfants, femmes, malades...), a rappelé M. Salvini.

«Maintenant basta! Quoi que nous dise Strasbourg, avec une grande sérénité, nous maintiendrons notre ligne (...). Imaginez si un pays comme l'Italie, la 2e puissance industrielle d'Europe, se laissait dicter les règles sur l'immigration par une ONG», a-t-il insisté.

A terre, le curé de Lampedusa, où la Ligue de M. Salvini a obtenu 45% des voix aux élections européennes de mai, campe depuis plusieurs jours sur le parvis de son église pour réclamer le débarquement des migrants, parmi lesquels se trouvent encore trois mineurs.

«Comme dans une prison»

Des dizaines de villes allemandes se sont dites prêtes à accueillir les migrants, et l'évêque de Turin, Mgr Cesare Noviglia, a annoncé lundi que son diocèse proposait de les prendre en charge.

Dans une vidéo diffusée par l'ONG, un migrant originaire de Côte d'Ivoire a lancé un appel: «nous ne pouvons plus tenir, nous sommes comme dans une prison, parce que nous sommes privés de tout (...). Aidez-nous, pensez à nous».

En janvier, 32 migrants secourus par le Sea-Watch étaient restés bloqués 18 jours à bord avant de pouvoir débarquer à Malte grâce à un accord de répartition entre plusieurs pays européens.

(20 Minuten/afp)