Bélarus

20 décembre 2011 17:10; Act: 20.12.2011 17:54 Print

Des militantes seins nus torturées

Trois militantes ukrainiennes qui avaient manifesté seins nus au Bélarus ont été torturées par des agents du KGB.

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Les forces de l'ordre ont abandonné les trois militantes en pleine nuit dans une forêt sans vêtements ni papiers d'identité, a raconté mardi l'une d'elle, Inna Chevtchenko.

Ces militantes du mouvement FEMEN s'étaient partiellement déshabillées lundi à Minsk devant le bâtiment du KGB pour marquer le premier anniversaire de la réélection controversée de l'autoritaire président bélarusse Alexandre Loukachenko, à l'issue d'un scrutin entaché de fraudes.

Alors qu'elles s'apprêtaient à prendre le train à Minsk lundi soir pour regagner l'Ukraine, les trois femmes ont été «enlevées par des policiers et des agents du KGB», a indiqué Inna Chevtchenko sur le site de FEMEN.

Dans la forêt

Selon le récit de la jeune femme, les forces de l'ordre ont bandé les yeux des trois militantes et les ont jetées dans un bus qui a roulé toute la nuit jusque dans une forêt dans la région de Gomel (320 km au sud-est Minsk).

Là, elles ont été forcées à se déshabiller complètement par une température proche de zéro degré. Ces hommes leur ont déversé de l'huile sur le corps et ont menacé de les brûler vives. Les femmes ont également été menacées avec un couteau avec lequel leurs agresseurs leur ont coupé les cheveux, selon Mme Chevtchenko.

Toute la scène a été filmée par des hommes du KGB qui ont ensuite abandonné les femmes sans vêtement en pleine forêt dans la nuit de lundi à mardi. Elles ont marché pour essayer de sortir de la forêt avant de rencontrer un habitant qui leur a prêté son téléphone portable avec lequel elles ont appelé les secours, selon la même source.

No comment

Les trois militantes sont «vivantes mais pas en bonne santé», a déclaré à l'AFP la dirigeante de FEMEN, Anna Goutsol.

«Elles ont été privées de tous leurs papiers d'identité. L'ambassadeur et le consul d'Ukraine (au Bélarus) vont aller à leur rencontre», a-t-elle ajouté.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du KGB bélarusse, Alexandre Antonovitch, s'est refusé à tout commentaire.

(afp)