Manif en Albanie

16 février 2019 14:35; Act: 16.02.2019 14:35 Print

Des manifestants forcent l'entrée du gouvernement

La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour repousser des manifestants samedi à Tirana. Ces derniers ont ensuite protesté contre le Premier ministre devant le siège du gouvernement.

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Des opposants sur le parvis du siège gouvernemental. (Photo: Keystone)

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Des milliers de personnes étaient rassemblés en milieu de journée dans le centre de Tirana, répondant à l'appel de l'opposition qui réclame le départ du Premier ministre socialiste Edi Rama, au pouvoir depuis 2013, accusé de «corruption».

Un groupe d'une centaine de manifestants a d'abord jeté des fumigènes et des pierres en direction de l'immeuble du gouvernement, gardé par un important dispositif policier, en scandant «Rama, va-t-en!». Ils ont ensuite forcé le cordon policier et occupé le parvis devant l'immeuble. Une dizaine sont entrés dans l'immeuble et montés au premier étage.

Deux policiers ont été blessés et hospitalisés, alors que quatre manifestants ont été soignés pour troubles respiratoires, a annoncé le ministère de la Santé. Edi Rama, 54 ans, qui a entamé en 2017 son second mandat à la tête du gouvernement, avait annoncé la veille qu'il ne serait pas à Tirana pendant la manifestation. Il devait assister à Vlora (sud-ouest), sa circonscription, à un «dialogue» avec ses habitants sur le «développement de la ville».

M. Rama est régulièrement contesté par la principale formation de l'opposition, le Parti démocratique (centre-droit), qui a déjà organisé plusieurs manifestations similaires sans toutefois ébranler son gouvernement.

Grande violence

«Le 16 février sera le dernier jour du pouvoir de Rama. Ce régime doit être renversé à tout prix», avait déclaré mercredi le chef du Parti démocratique Lulzim Basha, lors d'un rassemblement de ses militants.

L'accusant de «collusion avec le crime organisé» et d'avoir «plongé le pays dans la corruption et dans la misère», l'opposition, composée de cinq partis du centre droit et du centre gauche, réclament la formation d'un gouvernement technique qui serait chargé d'organiser des élections législatives anticipées«.

La vie politique albanaise est empreinte d'une très grande violence verbale, droite et gauche s'échangeant insultes et accusations graves de corruption ou de liens avec le crime organisé.

(nxp/ats)