Carnaval de Rio

05 mars 2011 19:45; Act: 06.03.2011 20:42 Print

Des millions de fêtards au rythme de la samba

Une frénésie joyeuse s'est emparée samedi de Rio.

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Des millions de personnes déguisées se sont réunies pour défiler en chantant dans les rues au rythme de la samba, dans une ville désormais plus sûre après la pacification des favelas les plus violentes.

La pluie fine qui s'abattait sur la ville samedi n'a pas découragé les deux millions de fêtards, selon les organisateurs, du célèbre défilé de rue du «Bola Preta».

Ils se sont rassemblés par centaines de milliers dès 08h00 (12h00 en Suisse) dans les avenues du centre interdites à toute circulation sauf à l'énorme camion hérissé de haut-parleurs qui crache de la samba avec force décibels. Ce «trio-electrico» est suivi par la foule colorée qui danse et chante à tue-tête.

Pour participer à ces «blocos» (groupes carnavalesques de quartier), il suffit en effet d'un tee-shirt, de vouloir danser, boire de la bière et... draguer.

Plus de 460 «blocos» sont prévus à Rio pendant ce carnaval dont l'apogée seront les défilés des écoles de samba sur le sambodrome dans les nuits de dimanche et lundi, considérés comme le plus grand spectacle de la planète.


Enfin en sécurité

«Bola Preta, c'est le meilleur bloco de Rio! On est bien reçu quel que soit le pays ou la ville d'où on vient», s'enthousiasme Paulo, 22 ans, qui participe à ce bloco depuis six ans.

Paulo et sa mère Terezinha, 45 ans, ont revêtu le tee-shirt blanc à gros pois noirs aux couleurs du «Bola Preta», contents de se sentir plus en sécurité que les autres années.

Les autorités locales ont entamé une course contre la montre depuis 2008 pour améliorer la sécurité dans l'Etat, l'un des plus violents du pays, en vue de la coupe du monde de football de 2014 et des jeux Olympiques de 2016 que Rio accueillera.


Tradition plus de centenaire

Policiers et militaires, souvent appuyés de blindés, ont expulsé ces derniers mois les trafiquants de drogue des favelas les plus violentes et une nouvelle police communautaire a été installée dans ces territoires reconquis par les pouvoirs publics. Quelque 50.000 policiers ont toutefois, cette année encore, été mobilisés pour maintenir la sécurité dans l'Etat.

A l'exemple de Rio, c'est tout le Brésil, un pays de 193 millions d'habitants et aujourd'hui la septième économie du monde, qui s'arrête pendant pratiquement une semaine, emporté du nord au sud par la folie du carnaval, une tradition de plus de 150 ans.

(ats)