Paris

31 août 2011 14:59; Act: 31.08.2011 15:07 Print

Des négociations secrètes au coeur d'un procès ETA

Lors de son arrestation en 2007, un membre de l'ETA avait sur lui les numéros de deux policiers français et espagnol. Son procès à Paris revèle des négociations secrètes avec le gouvernement espagnol.

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Dans la nuit du 28 au 29 mars 2007, Juan Carlos Yurrebaso Atucha et Kepa Mirena Suarez Ugarte, deux membres de l'ETA qui circulent dans une voiture volée six mois plus tôt, forcent un barrage douanier en Dordogne. Ils sont interpellés peu après à Périgueux, dans le sud-ouest de la France.

Juan Carlos Yurrebaso Atucha, un militant historique de l'ETA alors âgé de 52 ans, est armé mais ne tire pas. Condamné à plusieurs reprises en Espagne pour appartenance à l'ETA (trois et douze ans de prison), il a vécu à Bayonne (pays basque français) de 2002 à 2005, avant de rentrer de nouveau en clandestinité.

Deux numéros à appeler

Face aux policiers qui l'interpellent, il demande immédiatement à parler à un responsable. Mieux: il présente un bout de papier sur lequel sont inscrits quatre numéros de téléphone, dont deux biffés, et demandent à ce qu'on les appelle en urgence.

L'enquête montrera que l'un des numéros est celui de l'ancien directeur général de la police espagnole, Victor Garcia Hidalgo, tandis que le second mène à la Direction centrale des Compagnies républicaines de sécurité, alors dirigée par Christian Lambert, proche de Nicolas Sarkozy.

«Je disposais de numéros de téléphone qui devaient me permettre en cas d'une hypothétique arrestation d'être libéré ainsi que la personne qui m'accompagnait», déclare-t-il en mars 2007 devant le juge d'instruction. Des propos qu'il a confirmés mercredi devant le tribunal de Paris qui le juge jusqu'à vendredi pour association de malfaiteurs à visée terroriste.

Négociations secrètes avec le gouvernement espagnol

Le militant indépendantiste affirme qu'il était alors membre de la délégation ETA qui négociait secrètement avec le gouvernement espagnol pour tenter de trouver «une solution politique» au conflit meurtrier qui les oppose depuis plusieurs dizaines d'années.

Après l'attentat de l'aéroport madrilène de Bajaras qui le 30 décembre 2006 avait fait deux morts, Madrid avait rompu toute discussion avec l'ETA, mais les déclarations de Yurrebaso Atucha suggèrent que des négociations secrètes se seraient poursuivies durant un temps.

(afp)