Venezuela

04 février 2019 10:43; Act: 04.02.2019 16:23 Print

Des pays européens reconnaissent Juan Guaido

Le Royaume-Uni, l'Espagne et la France ont reconnu le président du Parlement vénézuélien Juan Guaido comme président du Vénézuela.

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Madrid, Londres, Paris et plusieurs autres capitales européennes ont reconnu lundi l'opposant Juan Guaido comme président du Venezuela. Ils se sont exprimés après l'expiration d'un ultimatum lancé à Nicolas Maduro qui a refusé de convoquer une élection présidentielle.

«Le gouvernement espagnol annonce reconnaître officiellement le président de l'Assemblée du Venezuela, M. Guaido, comme président en charge du Venezuela», a déclaré le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, en appelant M. Guaido à convoquer des élections présidentielles «dans le plus bref délai possible». Une reconnaissance immédiatement suivie par celle du Royaume-Uni, de l'Autriche, de la Suède, du Danemark, de la France et de l'Allemagne.

La Russie, l'un des principaux alliés de M. Maduro, a aussitôt dénoncé cette reconnaissance de M. Guaido par ces pays européens. «Nous percevons les tentatives de légitimer l'usurpation du pouvoir comme une ingérence directe et indirecte dans les affaires internes du Venezuela», a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

La Suisse, pour sa part, continue de suivre attentivement et avec inquiétude les événements au Venezuela, confirme le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), interrogé par Keystone-ATS. «Au vu des derniers développements en date, la Suisse engage les parties en présence à faire preuve de retenue et à résoudre la crise politique dans le respect de la Constitution», ajoute le DFAE, qui rappelle que la Suisse ne reconnaît en principe que des États, pas des gouvernements.

Déjà reconnu en janvier

L'Espagne - qui compte 167'000 ressortissants au Venezuela -, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas et le Portugal, rejoints dimanche par l'Autriche, avaient donné à M. Maduro un ultimatum expirant dimanche pour qu'il convoque une présidentielle anticipée, faute de quoi ils reconnaîtraient M. Guaido, 35 ans, comme président.

Les Etats-Unis, le Canada et de nombreux pays d'Amérique latine, dont la Colombie et le Brésil, ont déjà reconnu M. Guaido, qui s'était autoproclamé président par intérim le 23 janvier. Le Parlement européen avait lui reconnu l'autorité de M. Guaido jeudi et appelé l'ensemble des pays de l'UE à faire de même.

Confrontation

La reconnaissance de M. Guaido par ces pays européens intervient après le rejet de l'ultimatum par Nicolas Maduro, dans un entretien avec la chaîne de télévision espagnole La Sexta diffusé dimanche soir. «Ils tentent de nous coincer avec des ultimatums pour nous obliger à en venir à une situation extrême de confrontation», avait lancé M. Maduro qui s'exprimait depuis Caracas.

Dans ce contexte, Ottawa doit accueillir lundi à partir de 15h00 (9h00 locales) une réunion de crise des ministres des affaires étrangères du Groupe de Lima, qui regroupe le Canada et une dizaine de pays latino-américains.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo y participera par vidéo-conférence, a indiqué le département d'Etat. Et l'Union européenne pourrait aussi y prendre part. Une conférence de presse est prévue à l'issue des débats, vers 21h30.

«Aide humanitaire»

Le président américain Donald Trump a de son côté réaffirmé que le recours à l'armée américaine au Venezuela était «une option», dans un entretien avec la chaîne de télévision américaine CBS diffusé dimanche.

Soutenu par la Russie, la Chine, la Corée du Nord, la Turquie ou encore Cuba, M. Maduro, 56 ans, accuse les Etats-Unis d'orchestrer un coup d'Etat. Nicolas Maduro avait rassemblé samedi des milliers de ses partisans à Caracas.

Un groupe de contact international constitué par l'UE pour favoriser l'organisation d'une élection présidentielle «libre, transparente et crédible» doit se réunir jeudi à Montevideo, ont annoncé la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini et le président uruguayen Tabaré Vazquez.

Devant la représentation de l'Union européenne à Caracas, M. Guaido a prédit samedi un mois de février «déterminant» et a appelé ses partisans à une nouvelle manifestation le 12 février. Il a également annoncé l'arrivée dans les prochains jours d'une aide humanitaire. Selon lui, des centres de collecte doivent être installés de l'autre côté de la frontière, en Colombie et au Brésil, et sur une «île des Caraïbes».

Les Etats-Unis ont de leur côté fait savoir, via un message sur Twitter du conseiller à la Sécurité nationale John Bolton, qu'à la demande du chef de l'opposition, ils préparaient déjà et «transportaient de l'aide humanitaire» destinée au Venezuela.

Pedro Sanchez a lui souligné lundi son intention de promouvoir au sein de l'UE et dans le cadre des Nations unies «un plan d'aide internationale pour pallier de façon urgente la grave crise humanitaire que traverse le Venezuela».

(nxp/ats)