Italie - Berlusconi

05 février 2011 18:12; Act: 05.02.2011 18:23 Print

Des personnalités demandent sa démission

Malgré les appels à la démission, Silvio Berlusconi persiste et signe, en refusant de quitter le pouvoir.

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Des manifestants ont exigé le départ de Silvio Berlusconi, samedi. (Photo: Keystone)

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Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a réaffirmé samedi sa volonté de rester au pouvoir. Et ce malgré les appels à la démission qui lui sont lancés, notamment lors d'une manifestation à Milan en présence de personnalités comme Umberto Eco et Roberto Saviano.

«Nous continuons à gouverner. Il ne faut pas se rendre, et je suis l'exemple de la résistance: depuis 17 ans, on me lance de lourdes accusations pour me renvoyer chez moi, mais je continue à rester à mon poste», a affirmé le «Cavaliere» dans une intervention téléphonique au cours d'une fête de son parti dans la nuit de vendredi à samedi.

«Il n'existe pas d'alternative crédible à cette majorité» (constituée de son parti le Peuple de la Liberté (PDL) et de son allié populiste de la Ligue du Nord), a-t-il fait valoir. «Il y a des attaques d'une violence inédite contre moi, mais je continuerai à aller de l'avant».

«Ces procès ridicules auront un effet boomerang», a-t-il assuré, faisant allusion au scandale sexuel Rubygate dans lequel il est embourbé depuis 15 jours. Ruby est le surnom d'une jeune Marocaine que le chef du gouvernement italien est soupçonné d'avoir rémunéré pour des prestations sexuelles quand elle était encore mineure, un délit en Italie.

«Démocratie en otage»

Une série de manifestations et d'appels à démissionner ont été lancés au président du Conseil depuis le début de l'affaire Ruby et samedi après-midi, des intellectuels de gauche comme l'écrivain Umberto Eco et l'auteur du livre sur la mafia «Gomorra», Roberto Saviano, se sont réunis à Milan.

Leur but: exiger le départ du «Cavaliere», afin de «libérer (l'Italie) de son pouvoir corrompu et corrupteur, des attaques contre la Constitution, la magistrature et les atteintes à la dignité des femmes».

«Notre démocratie vit en otage», a dénoncé Roberto Saviano, accueilli comme une rock-star par une dizaine de milliers de personnes venu assister à ce meeting à la salle de concerts PalaSharp. Il faut «se rebeller contre l'image d'un pays corrompu» et affirmer «le droit de rêver à une Italie plus propre», a-t-il estimé.

L'ancien président de la République Oscar Luigi Scalfaro (1992- 1999) est lui aussi intervenu: «Il faut faire bouger l'opinion publique, chaque citoyen doit agir pour faire triompher la démocratie sur l'anti-démocratie».

Eco plaisante

De son côté, Umberto Eco a déclaré: «Nous sommes ici pour défendre l'honneur de l'Italie, pour rappeler au monde que tous les Italiens ne sont pas les mêmes». M. Berlusconi a en commun avec le président égyptien Hosni Moubarak «le petit défaut de ne pas vouloir démissionner», a-t-il plaisanté.

A Florence, en Toscane, une autre manifestation a rassemblé 3000 personnes, parmi lesquelles la réalisatrice Francesca Comencini, pour défendre la dignité des femmes et protester contre le comportement à leur égard de M. Berlusconi.

(ats)