Gilets jaunes

18 novembre 2019 15:41; Act: 18.11.2019 15:41 Print

Des policiers se sont-ils déguisés en black blocs?

Une vidéo tournée lors du rassemblement de samedi à Paris montre trois personnes en noir se réfugier derrière un cordon de CRS. Il s'agit certainement de policiers en civil infiltrés dans le cortège.

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Des membres de forces de l'ordre se sont-ils fait passer pour des black blocs, samedi lors d'un rassemblement de gilets jaunes à Paris? Sur les réseaux sociaux, polémiques, rumeurs et autres théories du complot vont bon train. Les médias français, notamment Checknews, ont décortiqué l'affaire.

Tout a commencé avec la publication d'une vidéo de 28 secondes, samedi sur le compte Twitter @leGneral2. Son auteur a filmé une télévision branchée sur la chaîne d'info en continu CNews. La scène se passe sur la place d'Italie. Elle montre trois individus vêtus de noir, courir en direction d'un cordon de CRS qui finit par les laisser passer pour les mettre à l'abri. «2 black blocs protégés par les CRS. Castaner, Pourquoi tes policiers sont déguisés en CASSEURS? BFM attention si tu vois des casseurs ne dis rien ce sont juste des flics», peut-on lire en légende de cette vidéo.

Il n'en fallait pas plus pour enflammer la Toile. Convaincus d'avoir affaire à «des policiers déguisés en casseurs», de nombreux internautes ont partagé leur indignation. «Policiers casseurs pour décrédibiliser les gilets jaunes», commente l'un d'entre eux. Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise, est l'une des 570'000 personnes à avoir relayé cette publication. Le hic, c'est que la séquence a été coupée, et qu'on ne sait pas ce qu'il se passe avant, et après cette fameuse scène.

Une vidéo publiée quelques minutes plus tard par le site MarocOnline permet une autre lecture des événements. Tournées par une vidéaste du média marocain, ces images longues de 45 secondes montrent un cordon CRS se former, puis s'ouvrir pour permettre à ces trois personnes habillées en noir de passer. On peut alors entendre quelqu'un crier plusieurs fois: «C'est la BAC, c'est la BAC!» (ndlr: la brigade anti-criminalité). Cette même vidéo montre l'interpellation d'un individu à l'arrière du cordon de CRS. Impossible d'affirmer qu'il s'agit des trois mêmes personnes, mais la vidéaste en est certaine: «Pour moi, ça ne fait aucun doute: il s'agit bien de deux policiers qui viennent d'arrêter un manifestant et qui se mettent à l'abri auprès de leurs collègues», explique-t-elle à Franceinfo.

Ce n'est pas la première fois que des rumeurs autour de la présence de policiers infiltrés parmi les manifestants enflent sur les réseaux sociaux. L'année dernière déjà, des scènes similaires avaient déjà interpellé le public. Or, comme l'explique la préfecture de police de Paris, la présence d'agents en civil dans les manifestations de gilets jaunes n'a rien d'exceptionnel. Cette méthode mobile et discrète leur permet en effet d'effectuer des interpellations et de mener des missions de renseignement. En décembre 2018 sur Twitter, la police nationale s'était d'ailleurs fendue d'une mise au point à ce sujet.


Checknews relève que certains internautes accusent les forces de l'ordre d'infiltrer les cortèges dans le but de casser, contribuant ainsi à saboter l'images des gilets jaunes. Aucun élément ne permet cependant d'étayer de telles accusations. La mission des policiers consiste à «se déguiser en manifestant avec une attitude de casseur, afin de repérer les groupes hostiles qui se déplacent dans le but de tout saccager. Malheureusement, certains se font démasquer. Du coup, les gens pensent qu'ils sont là pour inciter à la casse et pour décrédibiliser le mouvement, alors que ce n'est pas du tout le cas», expliquait l'année dernière un policier de la BAC à Franceinfo.

(joc)