Naufrage en Tunisie

15 février 2011 06:42; Act: 15.02.2011 08:03 Print

Des survivants accusent des gardes-côtes

Les survivants d'un naufrage survenu vendredi près des côtes tunisiennes accusent les gardes-côtes d'avoir brisé leur navire.

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Des milliers de clandestins tentent de rejoindre l'Europe chaque année. (Photo: Keystone)

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Huit survivants tunisiens qui avaient tenté de rallier clandestinement l'Italie vendredi dernier ont accusé des gardes-côtes tunisiens d'avoir «délibérément foncé» sur leur embarcation. L'accident a fait cinq morts et 30 disparus dans les eaux internationales.

«Le bateau, tout neuf était parti d'une zone touristique El-Ogla, proche de Zarzis (500 km au sud de Tunis). Il transportait 120 passagers. 85 personnes ont été sauvées, 5 sont mortes, et 30 sont toujours portées disparues», a déclaré à l'AFP un de ces survivants, Ziad Ben Abdaalah, 23 ans.

«Ils ont foncé sur nous»

Ces déclarations ont été confirmées par 7 autres survivants qui se trouvaient à bord de ce navire après avoir versé 2000 dinars (environ 1300 francs) à des passeurs.

«Il était 15 heures. Il faisait beau. Nous approchions de la côte italienne après 12 heures à bord, et nous n'étions plus environ qu'à une heure de l'Italie quand un bateau de la garde nationale nous a donné l'ordre d'arrêter les moteurs. Nous avons obéi», affirme Ziad dont les propos sont appuyés par les autres survivants et par les proches des victimes, visiblement traumatisés.

«Puis, se souvient-il, le bateau de la garde côtière, qui faisait 40 mètres de long, s'est mis en position parallèle avec le nôtre avant de reculer de 700 mètres environ. Nous pensions que le bateau rebroussait chemin, mais soudain il a foncé sur nous». «Nous avons entendu des gardes nous dire de baisser les têtes, et ensuite ils ont foncé sur nous et ont brisé en deux notre bateau».

Vétusté du bateau

Et puis soudain, juste après le choc, ces survivants affirment avoir vu un hélicoptère italien juste au dessus de leurs têtes avant l'arrivée d'un autre bateau des gardes côtes tunisiens dans cette zone. «A ce moment, les gardes côtes ont fait semblant de vouloir nous aider. Quand j'ai réussi à monter sur leur bateau, un des gardes côtes m'a dit de retourner dans l'eau pour sauver mes amis», ajoute Ziad.

Au port de Zarziz, des gardes côtes ont affirmé à l'AFP que ce naufrage avait été provoqué par la vétusté du bateau, se refusant à donner d'autres commentaires.

(ats)