Inde

02 janvier 2016 07:07; Act: 02.01.2016 09:24 Print

Des terroristes déguisés en soldats attaquent une base

Un petit groupe d'islamistes présumés a pris d'assaut une base aérienne de l'armée indienne près de la frontière pakistanaise samedi. L'attaque a fait six morts.

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Six personnes ont trouvé la mort samedi dans l'attaque d'une base de l'armée de l'air indienne au Pendjab, près de la frontière avec le Pakistan, ont annoncé les autorités. Selon le ministère de l'intérieur, les quatre assaillants figurent parmi les victimes.

Deux gardes ont également perdu la vie, a ajouté cette source. La base est en train d'être passée au peigne fin à la recherche d'éventuels autres assaillants.

Au ministère de la Défense, on indique que quatre hommes, vêtus d'uniformes militaires, ont réussi à s'introduire dans la base aérienne de Pathankot samedi avant l'aube. Une fois à l'intérieur de cette base, ils ont ouvert le feu, tirant au hasard.

Ils s'étaient auparavant emparés d'une voiture de police pour arriver à la base, très bien gardée. Ce mode opératoire a été utilisé dans d'autres attaques attribuées à des activistes entraînés au Pakistan, raconte le chef de la police du Pendjab, Suresh Arora.

Groupe extrémiste soupçonné

Selon les informations de la presse indienne, les tireurs portaient des uniformes de l'armée. L'opération n'a pas été revendiquée. Les assaillants sont soupçonnés d'appartenir au groupe islamiste Jaish-e-Mohammed basé au Pakistan.

Ce mouvement interdit au Pakistan combat l'Etat indien au Cachemire, région disputée par l'Inde et le Pakistan, où un conflit séparatiste a fait quelque 100'000 morts. L'Inde l'avait accusé d'avoir attaqué en décembre 2001 le parlement indien, faisant onze morts et entraînant une escalade militaire à la frontière indo-pakistanaise au point d'amener les deux pays au bord de la guerre.

L'attaque de la base de Pathankot rappelle une opération du même genre menée en juillet par des hommes armés contre un poste de police d'une ville frontalière au Pendjab. L'attaque avait fait neuf morts.

Après une visite de Modi au Pakistan

Cette affaire intervient une semaine après la visite impromptue du Premier ministre indien Narendra Modi à son homologue pakistanais dans le but de relancer les discussions entre les deux pays qui ont été retardées par une série d'attaques.

«A l'instant où Modi a touché le sol à Lahore (...), il devait se passer une chose de ce genre», commente Michael Kugelman, spécialiste de l'Asie du Sud au cercle de réflexion Wilson Center à Washington. Mais, souligne-t-il, il y a suffisamment de bonne volonté entre l'Inde et le Pakistan pour passer outre cette attaque.

(ats)