Liban

30 juillet 2018 20:17; Act: 31.07.2018 16:18 Print

Des tortues tout juste nées se précipitent vers la mer

Une ONG a sensibilisé le public sur la préservation de l'environnement en libérant 200 bébés tortues à peine sortis de l'oeuf.

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Femmes, adolescents et enfants, disposés en deux rangées, ont ainsi pu, grâce à l'ONG «Orange House», suivre le grand départ des bébés tortue Caouanne et des tortues vertes, lâchées sur le sable avant de regagner la mer, à une quinzaine de km au sud de la ville côtière de Tyr.

«C'est de la sensibilisation, pour préserver la mer et son écosystème. Beaucoup de Libanais ne savent pas que des tortues pondent des oeufs et les enfouissent sous le sable des plages», confie Mona Khalil, à l'origine du projet Orange House qui a organisé l'événement dimanche.

Depuis le début des années 2000, elle s'occupe de la «plage des tortues Al-Mansouri», dans le but de protéger les tortues de mer dans le sud du Liban. «On a voulu que les gens, les enfants en particulier, voient comment les tortues sortent de leur oeuf pour rejoindre la mer», souligne-t-elle.

Dans un pays où les militants tirent régulièrement la sonnette d'alarme pour dénoncer les politiques environnementales, elle critique d'ailleurs «les constructions sauvages de sites touristiques sur les côtes, au détriment de l'environnement».

De tels projets obligent «de nombreuses espèces animales à quitter leur secteur pour trouver refuge dans des régions plus sûres», déplore-t-elle. En 2012, un rapport du ministère des Transports montrait qu'environ cinq millions de m² du littoral au Liban sont construits illégalement.

Espèce menacée

Mona Khalil explique qu'elle s'était occupée un temps d'une cinquantaine de nids, qui accueillaient entre 5000 et 6000 oeufs. Aujourd'hui, le chiffre a été divisé par deux: plus que 23 nids.

«Il y a de nombreux dangers pour la vie des tortues de mer sur les côtes libanaises», met-elle en garde, citant notamment «la pêche à la dynamite ou encore l'invasion du ciment et les projets touristiques qui envahissent les plages».

«Cela gêne les tortues et les pousse à abandonner la région», déplore Mona Khalil. En 2017, l'enfouissement d'une «montagne d'ordures» en mer près de Beyrouth en vertu d'un accord entre le gouvernement et une compagnie privée avait fait scandale.

Un nouveau projet de complexe touristique dans la région côtière d'Anfeh (nord) suscite par ailleurs la crainte des défenseurs de l'environnement et du patrimoine. Il menace une des plus anciennes salines de Méditerranée située dans une zone riche archéologiquement.

(nxp/afp)