Après 8 mois de vol simulé

14 février 2011 17:12; Act: 14.02.2011 17:21 Print

Deux astronautes «marchent» sur Mars

Deux des six astronautes, enfermés depuis huit mois dans une réplique de vaisseau spatial à Moscou, ont marché fictivement pour la première fois sur la planète Mars lundi.

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A 10H00 GMT, l'astronaute russe Alexandre Smoleevski (bien Smoleevski) et l'Italo-Colombien Diego Urbina ont foulé pour la première fois le sol fictif martien.

Les chercheurs de l'Institut des problèmes médicaux-biologiques (IMBP) et l'Agence spatiale européenne (ESA), co-organisateurs de l'expérience, s'étaient efforcés de reproduire les conditions de la planète rouge, en installant notamment un sol fait de sables et de roches.

Une fois arrivés sur Mars, les astronautes ont tout d'abord planté les drapeaux russe, chinois et celui de l'ESA, représentant l'Europe.

Ils se sont ensuite attelés à leur mission scientifique et ont récolté des échantillons de sables et de roches pour analyses, selon des images diffusées au centre de contrôle des vols spatiaux, à Korolev près de Moscou.

Depuis le 3 juin, ces astronautes se trouvaient dans module où ils passaient leur journée à travailler, à se détendre, faire de l'exercice dans une petite salle de sport, et à dormir.

Porter leur combinaison spatiale de 32 kg dans les conditions de gravité de la Terre relève d'une certaine difficulté. C'est pourquoi, des fauteuils ont été spécialement conçus et installés par les astronautes sur la planète rouge afin qu'ils puissent faire des pauses pendant leur mission.

Au cours de cette dernière, qui doit s'étaler sur trois jours en février, ils doivent également manipuler un petit robot roulant ayant pour mission d'étudier la surface de Mars.

Finalement, cette première sortie, qui devait durer 92 minutes, a été écourtée et a duré un peu moins d'une heure.

Les astronautes ont dédié leur mission au cosmonaute soviétique Iouri Gagarine et aux 50 ans, célébrés cette année, du premier vol dans l'espace qu'il avait effectué le 12 avril 1961.

Malgré l'aspect fictif de cette expérience, les chercheurs considèrent qu'elle a un rôle extrêmement important car il est nécessaire de se préparer pour les prochains vrais vols.

Cette expérience simulée n'a pas pour but de «s'amuser mais d'apprendre», a ainsi déclaré à l'AFP Christer Fuglesang, chef du département scientifique de l'ESA.

Il est en particulier important d'étudier l'effet sur l'être humain de l'isolement, de la proximité, de l'absence de lumière du jour et d'air frais, ainsi que la restriction des contacts humains à subir par les astronautes qui iront un jour sur Mars.

Selon M. Fuglesang, ancien astronaute, la principale difficulté est de passer un si long moment «confiné».

Lorsqu'ils rentreront dans le module principal, les astronautes pourraient d'aillers éprouver un peu d'ennui, avec le retour à la routine, a précisé Martin Zell directeur du département des opérations de recherche à l'ESA.

Ce retour est prévu après deux autres sorties sur Mars, les 18 et 22 février, lors desquelles le Russe Alexandre Smoleevski foulera le sol de la planète rouge avec un autre membre d'équipage, le Chinois Wang Yue, puis de nouveau avec M. Urbina.

Ils rejoindront ensuite les trois autres membres d'équipage, le Français Romain Charles et les Russes Soukhrob Kamolov et Alexeï Sitev, qui sont restés en soutien dans le module principal.

Roskosmos estime tout à fait possible que de véritables vols aient lieu d'ici 20 ans. «Je pense que c'est pleinement réalisable», a déclaré à l'AFP Vitaly Davydov, le vice-président de l'agence spatiale russe.

(afp)