Syrie

11 janvier 2016 17:54; Act: 11.01.2016 22:19 Print

Deux camions d'aide sont arrivés à Madaya

L'aide humanitaire est arrivée lundi après-midi dans la ville assiégée, près de Damas, où plus de 40'000 personnes sont menacées de famine.

Selon le Programme alimentaire mondial des Nations unies, plus de 40'000 personnes sont menacées de famine à Madaya.

Sur ce sujet
Une faute?

Un convoi de 44 camions transportant de la nourriture, des couverture et des médicaments est entré à Madaya, une ville située à 40 km à l'ouest de Damas, a annoncé en soirée le Croissant rouge syrien. Au même moment, 21 autres camions ont pénétré à Foua et à Kafraya, deux localités chiites encerclées par les rebelles dans la province d'Idleb (nord-ouest). Le CICR a appelé les belligérants à lui donner «un accès régulier» à ces zones.

«La première impression fait mal au coeur», a dit un porte-parole du CICR Pawel Krzysiek, qui était à bord du premier camion à arriver à Madaya. «Nous avons vu beaucoup de gens dans les rues, certains étaient souriants et nous faisaient signe de la main et d'autres étaient trop faibles et trop fatigués», a-t-il ajouté dans un enregistrement audio.

On estime qu«il y aurait 40'000 personnes environ à Madaya et quelque 20'000 à Foua et Keffraya, a précisé le CICR dans un communiqué publié à Genève. Selon lui, l'opération «devrait se prolonger pendant quelques jours».

Famine à Madaya

Des informations sur une famine à Madaya avaient provoqué un tollé international et poussé le régime à y autoriser l'accès. Médecins sans frontières (MSF) a fait état de 28 personnes mortes de faim depuis le 1er décembre.

«Il y a des gens qui se nourrissent dans les poubelles et d'autres qui ne mangent que de l'herbe. Nous avons demandé aux hommes armés de la nourriture mais ils ont refusé de nous en donner», a témoigné une jeune fille de 17 ans interrogée par une journaliste de l'AFP entrée à Madaya. «Il n'y a ni électricité, ni chauffage, ni nourriture», a renchéri Ali Issa, 61 ans, père de huit enfants.

Portant le sigle de l'organisation humanitaire, une cinquantaine de camions avaient pris dans la matinée à Damas la route de Madaya tandis que 21 autres se dirigeaient vers Foua et Kafraya.

La dernière fois que des convois humanitaires avaient pu atteindre ces villes remontait au 18 octobre, à la suite d'un accord entre les belligérants. Le Conseil de sécurité de l'ONU devait évoquer lundi la situation dans les villes assiégées à l'occasion de consultations à huis clos à New York, mais aucune décision n'était attendue.

400'000 personnes assiégées

«C«est une ouverture très positive, mais il ne faut pas en rester à une seule distribution. Pour soulager les souffrances de ces dizaines de milliers de personnes, on doit avoir un accès régulier à ces zones», a expliqué Marianne Gasser, qui dirige la délégation du CICR en Syrie, citée dans le communiqué de l'organisation.

«Il y a plus de 400'000 personnes qui vivent dans des zones assiégées en Syrie et leur situation est désespérée. Les organisations humanitaires doivent être autorisées à accéder sans entraves à toutes ces personnes afin de pouvoir leur fournir l«aide dont elles ont besoin, surtout en ce moment, en plein hiver», a-t-elle martelé.

L'ambassadeur britannique à l'ONU, Matthew Rycroft, a de son côté appelé à la levée de «tous les sièges (...) pour sauver les vies des civils et pour promouvoir la paix» en Syrie.

François Hollande a de son côté appelé à «la mise en place de mesures humanitaires immédiates, en priorité dans les zones assiégées et notamment à Madaya, et en vue de construire les conditions d'un cessez-le-feu crédible».

Ecole bombardée

Evoquant les pourparlers de paix prévus à Genève, le président français a souligné que la «volonté du régime de négocier serait jugée à l'aune de la cessation de ses bombardements aveugles et de sa politique visant à affamer des villes entières».

A l'issue d'un entretien avec M. Hollande, le coordinateur de l'opposition syrienne Riad Hijab a pour sa part prévenu qu'aucune négociation ne serait possible avec Damas tant que «les forces étrangères» poursuivraient les bombardements de la population civile.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a fait état de la mort de quatorze enfants et cinq adultes dans un raid de l'aviation russe contre une école près d'Alep. Moscou a démenti bombarder des civils.

De violents combats ont également opposé les forces du régime du président Bachar el-Assad appuyées par l'aviation russe et les rebelles, au cours desquels 23 membres des forces du régime ont été tués et 18 rebelles.

(nxp/ats)