Moyen-Orient

29 janvier 2020 00:16; Act: 29.01.2020 00:17 Print

Deux manifestants tués en Irak

La répression des manifestations qui secouent l'Irak a fait de nouveaux morts mardi tandis qu'une chaîne de télé a été interdite de diffusion.

Voir le diaporama en grand »
Le Premier ministre irakien désigné Mohammed Allawi a annoncé dimanche qu'il renonçait à former un gouvernement, plongeant un peu plus dans l'inconnu son pays en crise. (1er mars 2020) Deux roquettes se sont abattues dans la nuit de dimanche à lundi dans la Zone verte ultra-sécurisée de Bagdad, près de l'ambassade des États-Unis. (2 mars 2020) La répression des manifestations qui secouent l'Irak a fait de nouveaux morts mardi tandis qu'une chaîne de télé a été interdite de diffusion. (28 janvier 2020) Les manifestants antigouvernementaux ont reconstruit lundi leurs campements incendiés dans plusieurs villes irakiennes. Ils sont toujours déterminés face à la répression. (27 janvier 2020) L'ambassade des États-Unis en Irak a été la cible de tirs qui n'ont pas fait de victime, lundi. Trois manifestants ont par ailleurs été tués à Bagdad. (20 janvier 2019) Pour les manifestants, c'est tout le système installé en 2003 par les Américains pour remplacer Saddam Hussein et désormais noyauté par les Iraniens qui doit être mis à bas. (Mardi 24 décembre 2019) La révolte entamée il y a près de trois mois a connu un nouveau regain de mobilisation après quelques semaines d'accalmie. (Mardi 23 décembre 2019) Les dirigeants irakiens se sont accordé un nouveau délai pour désigner le futur premier ministre, à l'expiration du délai constitutionnel. (Jeudi 19 décembre 2019) Un militant irakien actif au sein des manifestations contre le pouvoir et son parrain iranien a été assassiné dimanche soir devant son domicile dans la ville sainte chiite de Kerbala. (8 décembre 2019) Les funérailles de manifestants tués lors de la répression donnent l'occasion de nouvelles manifestations, comme ici à Najaf. (Dimanche 8 décembre 2019) Des membres du mouvement de Moqtada Sadr se sont déployés dans la zone du massacre dans le parking à Bagdad. (Samedi 7 décembre 2019) Au moins 17 manifestants ont été tués vendredi soir à Bagdad après une attaque d'hommes armés contre un parking qu'ils occupaient depuis des semaines. (Vendredi 6 décembre 2019) Les négociations pour la formation d'un nouveau gouvernement en Irak se sont poursuivies lundi sous la pression des manifestants, qui dénoncent sans relâche le pouvoir et son parrain iranien. (2 décembre 2019) Le Parlement irakien a accepté dimanche la démission du gouvernement du Premier ministre Adel Abdel Mahdi. (Dimanche 1er décembre, photo d'illustration) Des étudiants marchent à Basra (sud de l'Irak) en signe de deuil pour les manifestants tués lors des mobilisations anti-gouvernementales. (Dimanche 1er décembre 2019) Une procession funéraire s'est déroulée à Mossoul (sud de l'Irak) en l'honneur des manifestants tués lors des mobilisations qui secouent le pays depuis le mois d'octobre. (Dimanche 1er décembre 2019) Le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi a annoncé qu'il allait présenter sa démission au Parlement, quelques heures après que la plus haute autorité chiite du pays a appelé ce dernier à lui retirer sa confiance. (Vendredi 29 novembre 2019) Depuis le début du mouvement de contestation qui réclame le renouvellement de la classe dirigeante, plus de 390 personnes ont été tuées et 15'000 blessées. (Vendredi 29 novembre 2019) À Najaf, le consulat iranien est parti en flammes. (Jeudi 28 novembre 2019) Les manifestations antigouvernementales ont débuté le 1er octobre faisant depuis de nombreux morts. (Jeudi 28 novembre 2019) Au moins 22 manifestants ont été tués à Nassiriya, au sud de l'Irak sous couvre-feu et encerclée par les forces de sécurité. C'est l'une des journées les plus meurtrières depuis le début le 1er octobre du premier mouvement spontané en Irak qui réclame la refonte du système politique et le renouvellement total de la classe dirigeante. (28 novembre 2019) La contestation en Irak, qui a déjà fait 350 morts en deux mois, a atteint mercredi un palier inédit avec l'incendie par des manifestants du consulat d'Iran à Najaf. (27 novembre 2019) L'incendie du consulat iranien, dans la très symbolique ville sainte chiite de Najaf qui accueille chaque années des millions de pèlerins chiites principalement iraniens, marque un tournant. (27 novembre 2019) En soirée, au milieu de hautes flammes qui dévoraient l'emblème de la République islamique sur le mur d'enceinte de la représentation diplomatique, des centaines de jeunes criaient «Iran dehors». (27 novembre 2019) La plus haute autorité chiite d'Irak, l'ayatollah Ali Sistani, a estimé que le pays sera à jamais marqué par les semaines de manifestations, réclamant des réformes et le départ de la classe politique. (Vendredi 15 novembre 2019) Quatre manifestants ont été tués jeudi à Bagdad. lls ont été mortellement touchés par des grenades lacrymogènes que les forces de l'ordre tirent à hauteur d'homme. (14 novembre 2019) Depuis le début d'un mouvement spontané de contestation (1er octobre), près de 280 personnes - en majorité des manifestants - ont été tuées, selon un nouveau bilan. (6 novembre 2019) Alors que de violentes manifestations font rage en Irak, les autorités ont de nouveau coupé l'accès à Internet mardi. (5 novembre 2019) Les Irakiens ont été privés d'internet dans la nuit de lundi à mardi. (5 novembre 2019) Les forces de l'ordre répondent à coup de gaz lacrymogènes et de balles réelles face à des manifestants qui tentaient d'incendier le consulat iranien de la ville sainte chiite de Kerbala. Quatre personnes sont mortes. (4 novembre 2019) Les manifestations continuent à Bagdad tandis que plusieurs syndicats ont déclaré la grève générale. (Dimanche 3 novembre 2019) De nouvelles violences ont opposé samedi les forces de l'ordre aux manifestants, qui continuent d'occuper sans interruption la place Tahrir de Bagdad. (Samedi 2 novembre 2019) Le président irakien Barham Saleh a promis des élections anticipées, tandis que le Premier ministre a affirmé être prêt à partir face à la vague de contestation qui secoue le pays. (Jeudi 31 octobre 2019) Au moins 100 personnes ont été tuées et 5500 blessées en une semaine de manifestations et de violences en Irak, selon la Commission gouvernementale des droits de l'Homme. (Mercredi 30 octobre 2019) Des centaines d'Irakiens à Bagdad appellent dimanche à «arracher par la racine» la classe dirigeante. (27 octobre 2019) Selon le bilan officiel, 220 personnes sont mortes dans des manifestations et des violences en près d'un mois. (27 octobre 2019) Des centaines d'Irakiens continuent de manifester ce samedi à Bagdad sous les gaz lacrymogènes. (26 octobre 2019) Des centaines d'Irakiens continuent de manifester ce samedi à Bagdad sous les gaz lacrymogènes. (26 octobre 2019) Début octobre déjà, plus de 150 personnes avaient été tuées en une semaine, quasiment toutes des manifestants qui réclamaient «la chute du régime». (Vendredi 25 octobre 2019) A Bagdad, des milliers de manifestants étaient toujours rassemblés sur la place Tahrir, et des heurts limités se poursuivaient sur le pont al-Joumhouriya adjacent. (Vendredi 25 octobre 2019) A la mi-journée, le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse chiite d'Irak, avait appelé les forces de sécurité et les manifestants à la «retenue» pour éviter le «chaos». (Vendredi 25 octobre 2019) Un policier aide l'un des manifestants à se remettre des gazs lacrymogènes tirés. (Vendredi 25 octobre 2019) La contestation antigouvernementale a repris en Irak, avec des violences faisant plus 40 morts à Bagdad et dans le sud du pays. (Vendredi 25 octobre 2019) Des manifestants transportent l'un des leurs, blessés, vers l'hôpital. (Vendredi 25 octobre 2019) Après un mouvement de contestation qui s'est soldé par une centaine de morts, l'Irak a entamé un deuil national jeudi. (10 octobre 2019) Dimanche en soirée et jusqu'à tard dans la nuit, des témoins ont fait état de violents affrontements à Sadr City. Ceux-ci ont fait 13 morts dans la nuit selon des sources policières et médicales. (Lundi 7 octobre 2019) Le guide suprême iranien Ali Khamenei a accusé des «ennemis» de chercher à «semer la discorde» entre l'Iran et l'Irak. (Lundi 7 octobre 2019) Tentant de mettre fin à la contestation, le gouvernement irakien a annoncé dimanche matin une série de mesures sociales en réponse à des demandes des manifestants. (Dimanche 6 octobre 2019) L'ONU a appelé samedi à la fin des violences en Irak, au cinquième jour du mouvement de contestation. (Samedi 5 octobre 2019) Les forces de sécurité ont dispersé un important rassemblement dans l'est de la capitale samedi, où les manifestants ont fait face à des tirs à balles réelles et de gaz lacrymogènes. (Samedi 5 octobre 2019) Depuis le début des manifestations, on déplore près de 100 morts et environ 4000 blessés. (Samedi 5 octobre 2019) La plupart des manifestants tués l'ont été par balles, selon des sources médicales. (Samedi 5 octobre 2019) Né d'appels sur les réseaux sociaux, le mouvement de contestation proteste contre la corruption, le chômage et la déliquescence des services publics dans le pays. (Vendredi 4 octobre 2019)

Une faute?

Deux manifestants antigouvernementaux ont été tués mardi et plusieurs blessés en Irak. Une chaîne de télévision locale qui a couvert le mouvement de contestation ces derniers mois a été interdite de diffusion. Mais les protestataires maintiennent la pression malgré les violences qui ont fait plus de 480 morts, en grande majorité des manifestants, depuis le 1er octobre.

Mardi, un manifestant a été tué par balles dans des heurts avec la police dans la ville de Kout (sud), selon des sources médicale et de sécurité. À Bagdad, Mohammad Alwan, professeur à l'université Mustansariyah, a été tué par balles au volant de sa voiture, ont indiqué des sources médicale et de sécurité. Il avait l'habitude de manifester sur la place Tahrir de la capitale.

Près de Tahrir, des manifestants ont tenté de bloquer des routes et envoyé des pierres sur les policiers, qui ont répondu par des tirs à balles réelles et des gaz lacrymogène. Près de 15 manifestants ont été blessés, selon des médecins.

D'autres manifestations, émaillées de heurts, ont eu lieu dans le sud, à Bassora, Amarah, Hilla, Nassiriya, Najaf. «Nous renouvelons nos demandes pour un Premier ministre et une nouvelle loi électorale. Si (les dirigeants) procrastinent, nous intensifierons notre mouvement pacifique», a affirmé Ajwad Ali, manifestant à Nassiriya. Les protestataires réclament notamment des élections anticipées et dénoncent la corruption.

Chaîne fermée

Ces affrontements interviennent au lendemain de la fermeture pour un mois de la chaîne de télévision locale Al-Dijla, qui a couvert quotidiennement les manifestations ces derniers mois, malgré des pressions. «Les forces du ministère de l'Intérieur ont fermé tous les bureaux d'Al-Dijla à Bagdad hier (lundi) soir et ont demandé aux équipes de partir», a indiqué à l'AFP un employé de la chaîne.

Un responsable du ministère de l'Intérieur a confirmé que des membres des forces de sécurité s'étaient rendus lundi dans les bureaux d'Al-Dijla à Bagdad, où travaillent 80 employés. Cinquante autres travaillent au siège de la chaîne dans la capitale jordanienne Amman, d'où elle émet.

«Le gouvernement irakien a demandé à la Jordanie de stopper la diffusion de la chaîne pour un mois, sur la base d'une plainte irakienne», a ajouté l'employé, sous couvert d'anonymat. Dès lundi, seule une image du logo de la chaîne était visible sur son canal.

Journalistes visés

Le 10 janvier, des hommes non identifiés ont mené une descente dans les locaux de Bagdad, et un correspondant et un cameraman de la chaîne ont été abattus à Bassora. Avant d'être tué, le correspondant Ahmad Abdessamad, 37 ans, avait indiqué avoir été menacé par des groupes armés irakiens pour ses critiques contre le puissant voisin iranien.

Le 20 janvier, le présentateur d'Al-Dijla Nabil Jassem s'est disputé en direct avec le porte-parole du Premier ministre pour les affaires militaires, Abdelkarim Khalaf, qui a refusé de répondre à une question sur le nombre de blessés lors des manifestations.

«Al-Dijla paye le prix de la vérité», a estimé son directeur administratif, Jamal al-Karbouli. Selon Haidar al-Maytham, membre du syndicat irakien des journalistes, «des désaccords politiques et différences d'opinion entre l'administration de la chaîne et les responsables irakiens ont mené à la fermeture». Des ONG ont appelé l'Irak à protéger les journalistes couvrant les manifestations.

(nxp/ats)