Succession

01 décembre 2016 06:52; Act: 01.12.2016 07:58 Print

Diaz-Canel, vers une nouvelle ère à Cuba?

Si Raúl Castro quitte bien le pouvoir en 2018, le premier vice-président est de facto favori pour la succession à la tête de l'île.

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L'urne funéraire a traversé Santiago de Cuba jusqu'au cimetière. C'est la que les funéraille de Fidel Castro se déroulent. (Dimanche 4 décembre 2016) Le président cubain Raul Castro s'est engagé à «défendre la patrie et le socialisme» lors d'une cérémonie d'hommage tenue à la veille des funérailles de Fidel Castro. (Samedi 3 décembre 2016) La caravane a paradé dans les artères de Santiago, le long desquelles se sont massés des dizaines de milliers de Cubains venus scander «Je suis Fidel! Je suis Fidel!» (Samedi 3 décembre 2016) Les cendres de Fidel Castro bouclent samedi leur traversée de Cuba dans la ville-berceau de sa révolution. (Samedi 3 décembre 2016) Posée sur une remorque à l'arrière d'une jeep, l'urne funéraire de Fidel Castro a entamé mercredi un périple de quatre jours à travers Cuba. (Jeudi 1er décembre 2016) Massés au bord des routes le long de cordons de sécurité, des centaines de milliers de Cubains lancent des «Viva Fidel!» en agitant des drapeaux.(Jeudi 1er décembre 2016) Le cortège de sept véhicules qui doit traverser 13 des 15 provinces de l'île pour rejoindre le berceau de la révolution, Santiago de Cuba (est), où les restes de l'ex-président décédé à 90 ans seront enterrés dimanche.(Jeudi 1er décembre 2016) A bord du véhicule tirant la remorque figurent les quatre plus hauts gradés de Cuba, dont le ministre des Forces armées, le général Leopoldo Cintra Frias. (Jeudi 1er décembre 2016) Avec la mort de Fidel Castro et le départ annoncé de son frère, Raúl, l'exécutif cubain s'apprête à changer de génération avec leur héritier putatif, le premier vice-président Miguel Diaz-Canel. (Jeudi 1er décembre 2016) Des familles entières ont assisté à la cérémonie. Désormais, le peuple cubain pourra suivre le parcours des cendres de Fidel Castro jusqu'à la ville de Santiago, où elles seront répandues dans un cimetière dimanche. (Mercredi 30 novembre 2016). Raul Castro avec le seul dirigeant occidental présent, le premier ministre grec Alexis Tsipras. (Mercredi 30 novembre 2016). La cérémonie a eu lieu en soirée, sur la Place de la Révolution. (Mercredi 30 novembre 2016). Cuban President Raul Castro (C) during a massive rally at Revolution Square in Havana in honor of late leader Fidel Castro. Castro -- who ruled from 1959 until an illness forced him to hand power to his brother Raul in 2006 -- died Friday at age 90. The cause of death has not been announced. / AFP PHOTO / JUAN BARRETO Le peuple cubain s'est rassemblé sur la Place de la Révolution à La Havane pour rendre un dernier hommage à Fidel Castro. (Mercredi 30 novembre 2016). Le président amércain Barack Obama a décidé de ne pas envoyer de délégation officielle aux funéraillles de Fidel Castro. Seuls en Rhodes - conseiller de Barack Obama - et effrey DeLaurentis à la tête de la nouvelle ambassade des Etats-Unis dans la capitale cubaine - seront présents. (29 novembre 2016) Le président vénézuélien Nicolas Maduro (au milieu), son épouse Cilia Flores et le président bolivien Evo Morales (à gauche) signent un livre de condoléances dans une salle du mémorial Jose Marti, place de la révolution à La Havane. (Mardi 29 novembre 2016) Face à l'urne fleurie de Fidel Castro, un moment de recueillement. (Mardi 29 novembre 2016) La cérémonie en hommage à Fidel Castro se tiendra mardi soir à 19h00 (01h00 mercredi matin en Suisse), au centre de la capitale cubaine. (Mardi 29 novembre 2016) Des miliciennes devant un poster de Fidel Castro (Mardi 29 novembre 2016) L'urne de Fidel Castro rectangulaire en bois est exposée dans un salon de cérémonie du ministère des forces armées. Le président Raúl Castro lui a rendu hommage. (Mardi 29 novembre 2016) Les chaises sont prêtes sur la place de la Révolution. La cérémonie en hommage à Fidel Castrose tiendra mardi soir à 19h00 (01h00 mercredi matin en Suisse), au centre de la capitale cubaine. (Mardi 29 novembre 2016) L'urne, entourée de fleurs blanches et rouges, était posée devant une photographie en pied de Fidel Castro, la même devant laquelle des dizaines de milliers de Cubains ont défilé lundi à La Havane. (Mardi 29 novembre 2016) Un policier passe devant un portrait de Fidel Castro à la mairie de Guanabacoa, le 28 novembre. (Mardi 29 novembre 2016). Des larmes pour Fidel! Des milliers de personnes faisaient la queue pour défiler devant des portraits en noir et blanc du père de la Révolution cubaine.(Lundi 28 novembre 2016) Une salve de 21 coups de canon depuis le fort qui surplombe la baie de La Havane, a donné le coup d'envoi de cette semaine d'hommages qui culminera avec les funérailles dimanche à Santiago de Cuba. (Lundi 28 novembre 2016) Sous une image de Fidel Castro, les décorations et les médailles de l'ex-président cubain sont exposées devant le monument consacré au héros national José Marti. (Lundi 28 novembre 2016) Contrairement à ce qui était attendu, l'urne contenant les cendres de l'ex-président cubain n'était pas présentée au public. (Lundi 28 novembre 2016) A 7h30 (13h30 en Suisse), de petits groupes convergeaient vers les trois points d'entrée de la place de la Révolution, où plusieurs centaines de personnes, tous âges confondus, patientaient déjà. (Lundi 28 novembre 2016) Place de la Révolution, à La Havane, les Cubains rendent hommage à Fidel Castro. (Lundi 28 novembre 2016) Des centaines de milliers de personnes sont attendues sur la place de la Révolution à La Havane, vaste esplanade de 72.000 m2 où a souvent résonné la voix de Fidel Castro lors de ses tonitruants et interminables discours. (Lundi 28 novembre 2016) Les gens font la queue sur la place de la révolution à La Havane (Lundi 28 novembre 2016) Les préparatifs avant une cérémonie de deux jours sur la Place de la Révolution, à La Havane, où sera présentée l'urne funéraire contenant les cendres de Fidel Castro (Lundi 28 novembre 2016). La dépouille du «commandant suprême» a été incinérée samedi. Ses cendres suivront un cortège qui finira dimanche à Santiago de Cuba, lieu d'inhumation, où le dirigeant avait lancé la révolution en 1959. (Lundi 28 novembre 2016). La Corée du Nord a entamé trois jours de deuil lundi en hommage à Fidel Castro. (Lundi 28 novembre 2016) Une immense photographie de Castro a déjà été drapée autour de la Bibliothèque Nationale, là où un portrait du Christ avait été installé à l'occasion de la visite du pape l'année dernière. Si l'étiquette des précédentes cérémonies reste suivie, Raul Castro et d'autres dirigeants du Parti communiste et de l'armée et du gouvernement sont susceptibles de déposer des fleurs devant le monument consacré au héros national José Marti, une file de simples citoyens à leur suite Une étudiante porte un poster de Fidel Castro à l'université de La Havane où le «leader maximo» a étudié. (Dimanche 27 novembre 2016) Un hommage rendu par des étudiants de l'université de La Havane. (Dimanche 27 novembre 2016) Des bougies pour saluer la mémoire de Fidel Castro au sein de l'université de La Havane. (Samedi 26 novembre 2016) Des membres de la communauté cubaine de Miami ont fêté à l'annonce de la mort de Fidel Castro. (Samedi 26 novembre 2016) Deux jours après l'annonce du décès de Fidel Castro, la presse officielle en fait largement état. (Dimanche 27 novembre 2016) La Une de Granma, quotidien du Parti communiste cubain, consacrée au décès de de Fidel Castro «Le père de la révolution cubaine Fidel Castro est mort», c'est en ces termes que Raul Castro, 85 ans, annonce à la TV, le décès de son grand frère.(Vendredi 26 novembre 2016) Le 15 novembre 2016, Fidel Castro était apparu sur les clichés de son entretien avec le président vietnamien Tran Dai Quang. En 2015, Cuba et les Etats-Unis rétablissent officiellement leurs relations. Barack Obama se rend en mars 2016 sur l'île pour une visite historique. En 2011, Fidel Castro et son frère Raul. Ce dernier reprend les rênes du pays en 2008. Le 19 avril 2011, il est élu premier secrétaire du Parti communiste cubain lors du 6e congrès. Depuis sa crise de santé en 2006, Fidel Castro a troqué son légendaire uniforme vert olive pour un survêtement et des sandales. Apparition en 2010. En 2006, Castro âgé de 80 ans, subit une intervention chirurgicale à l'intestin. Il délègue temporairement le pouvoir à son frère Raul. En 2003, plus de 70 dissidents sont condamnés et des journalistes sont emprisonnés. Ici, Castro lors du discours du 1er mai 2003. Dans cette image datant du 22 février 2003, Fidel Castro avec le légendaire général vietnamien Vo Nguyen Giap à Hanoi Discours fleuve de Fidel Castro à Satiago de Cuba en juin 2002. Fidel Castro dans les années 1980 pose avec des écoliers cubains. Il occupa le poste de président de Cuba de 1976 à 2008. Fidel Castro avec président de la Confédération Flavio Cotti lors d'une visite à Berne du président cubain à Berne le 20 mai 1998. La conseillère fédérale Ruth Dreifuss salue Fidel Castro à l'hôtel Intercontinental à Genève. Le président cubain est venu pour la première fois en visite officielle de travail en Suisse, sur invitation du Conseil fédéral, le 20 mai 1998. Fidel Castro à la tribune des Nations unies, le 12 octobre 1979. Il fut secrétaire général du Mouvement des non-alignés jusqu'en 1983. Fidel Castro en septembre 1973 en visite au Vitenman du Nord durant la guerre. Alors à la tête du parti communiste cubain, Fidel Castro se rend en janvier 1964 à Moscou, pour une visite officielle en union soviétique. Ici, en troïka, dans les jardins du Kremlin. La rupture avec les Etats-Unis a lieu en 1961. Une année plus tard, un embargo économique est décrété. Ici le président John F. Kennedy, en octobre 1962, au moment de la crise des missiles. Fidel Castro devient premier ministre du nouveau gouvernement en charge de la transformation de l'île. Ici, l'entrée dans la capitale cubaine. Les forces révolutionnaires renversent le pouvoir en place au cours de l'année 1958. Fulgencio Batista fuit le 1er janvier 1959. Fidel Castro entre à La Havane sept jours plus tard. Le 8 janvier 1959, le fils de Fidel Castro sur un tank à la Havane Fidel Castro (à gauche) en discussion avec Ernesto 'Che' Guevara dans la forêt de la Sierra Maestra. L'image date du 8 octobre 1957 Alors âgé de 29 ans, il s'exile au Mexique où il rencontre Ernesto 'Che' Guevara. En 1956, ils retournent clandestinement à Cuba, accompagnés d'exilés cubains. Ici, les deux hommes en 1959. Fidel Castro né en 1926, et les membres de son groupe sont arrêtés en juillet 1953 après une attaque soldée par un échec contre la caserne de Moncada. Ils tentaient de renverser le dictateur Fulgencio Batista. Tous les assaillants seront libérés par amnistie en 1955.

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Avec la mort de Fidel Castro et le départ annoncé de son frère, Raúl, l'exécutif cubain s'apprête à changer de génération avec leur héritier putatif, Miguel Diaz-Canel. Ce dernier a été nommé en 2013 premier vice-président.

Le père de la révolution étant décédé vendredi à l'âge de 90 ans et Raúl Castro, son cadet de cinq ans, auquel il avait transmis le pouvoir en 2008, ayant promis de se retirer en février 2018, à l'issue de son second mandat, Miguel Diaz-Canel est de facto le favori pour la succession à la tête de l'Etat.

A 56 ans, il abaisse considérablement la moyenne d'âge de la direction d'un parti communiste, dont la survie dans l'ère postcastriste dépendra d'abord des jeunes générations. Il a d'ores et déjà pris des positions assez iconoclastes en ce qui concerne la liberté de la presse, sous tutelle depuis 58 ans, et l'accès à Internet, qui reste déplorable.

Pour le reste, on ignore tout de ses intentions, et son charisme est loin d'être à la hauteur de celui des Castro.

Position solide

Jusqu'ici, Miguel Diaz-Canel n'a guère dévié de la ligne du parti. Il ne s'est pas exprimé sur le sujet sensible de l'ouverture économique et politique ou celui des relations avec les Etats-Unis, que Raúl Castro et Barack Obama ont entrepris de normaliser il y a deux ans.

Son statut d'héritier semble toutefois solide et seul un grave impair pourrait l'empêcher d'accéder à la présidence, estiment les observateurs de la vie politique cubaine.

En bon enfant de la révolution, bien qu'il soit né après, il a su gravir les échelons de l'appareil politique sans afficher l'ambition qui en a trahi d'autres, comme Carlos Lage et Felipe Pérez Roque. Alors second vice-président et ministre des affaires étrangères, respectivement, ils ont été limogés en 2009.

Pour Christopher Sabatini, politologue à l'université de Columbia et spécialiste de Cuba, Miguel Diaz-Canel «a l'avantage d'avoir tenu plus longtemps que ses prédécesseurs» en tant qu'héritier putatif.

Au risque de paraître terne et insipide, il se montre soucieux de ne faire aucune ombre à Raúl Castro, et ses interventions publiques sont rarement marquantes.

Défi difficile

«Il a sublimé toute l'ambition qu'il pouvait avoir. On se demande donc quels seront son rôle et son pouvoir au sein de la vieille garde. Beaucoup pensent qu'il va faire la jonction entre la génération historique et la nouvelle. Ce sera un défi difficile à relever», estime Christopher Sabatini.

Son caractère réservé et la culture du secret toujours présente dans l'appareil d'Etat en font un inconnu en dehors des cercles dirigeants. A Washington, on avoue ne savoir que peu de choses à son sujet et, hormis chez lui, à Santa Clara, c'est un quasi-inconnu pour la plupart des Cubains.

S'il elle lui incombe effectivement, la tâche sera lourde que de succéder à un Fidel Castro débordant de charisme et à son frère, qui sait encore inspirer le respect aux militaires comme aux politiques.

Raúl Castro, fondateur des forces armées révolutionnaires, a été pendant 49 ans à la tête du ministère de la défense. Il restera premier secrétaire du parti communiste pendant trois ans à l'issue de son second mandat de président.

Premier civil de la révolution

Miguel Diaz-Canel «sera le premier président civil de la révolution et il devra gagner la confiance de l'armée», note Arturo Lopez Levy, ancien conseiller politique du gouvernement. C'est à vélo que Miguel Diaz-Canel a entamé son ascension vers les hautes sphères de la politique.

Lorsque la situation économique s'est fortement aggravée, il y a une vingtaine d'années, la plupart des Cubains ont été contraints de se rabattre sur la marche ou la bicyclette pour se rendre à leur travail. Les caciques du régime, eux, continuaient à se déplacer dans leur Lada.

Alors jeune chef de la fédération régionale du parti communiste, à Santa Clara, Miguel Diaz-Canel choisit, lui aussi, de pédaler.

«On était tous dans le pétrin et les gens voyaient le premier secrétaire à vélo. Il ne faisait pas cela pour son image, mais parce qu'il est comme cela. Il était très simple», assure José Antonio Fulgueiras, président du syndicat des journalistes de la province de Villa Clara.

Outre l'estime de ses concitoyens, son vélo lui assurait une grande discrétion quand il allait inspecter les entreprises publiques et la lutte contre la corruption est vite devenue son cheval de bataille.

Après neuf ans à la tête de la fédération de Villa Clara, il en a passé onze en tant que secrétaire général de la province d'Holguin, avant de devenir l'un des quatorze membres du bureau politique. C'est le 24 février 2013 que l'assemblée nationale l'a promu au rang de deuxième personnage de l'Etat.

(nxp/ats)