Centrafrique

21 juillet 2014 13:38; Act: 21.07.2014 18:24 Print

Difficile tentative de réconciliation à Brazzaville

Une nouvelle tentative de réconciliation nationale pour ramener la paix en Centrafrique en proie aux violences de milices rivales a débuté lundi à Brazzaville.

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Près de 170 représentants internationaux et des autorités de transition et des dizaines de Centrafricains issus des groupes armés, de la classe politique, de la société civile, ou des cultes sont réunis pour discuter pendant trois jours durant ce «Forum pour la réconciliation nationale et le dialogue politique».

La réunion devrait s'achever par un engagement à cesser «toutes les violences» et la signature d'un «accord de cessation des hostilités, du désarmement des groupes armés et d'un nouveau cadre politique de la transition», selon le groupe de contact international sur la Centrafrique (une trentaine de pays ou organisations internationales) à l'origine de cette rencontre.

Refus annoncés

Plusieurs partis politiques et chefs religieux centrafricains - toutes confessions confondues - ont déjà annoncé leur refus de se rendre à Brazzaville. L'interventionnisme des pays de la région pour tenter de régler la crise est mal vécu, du Gabon au Tchad, qui ont abrité des sommets n'ayant rien arrangé, ou encore au Congo.

Arrivée dimanche à Brazzaville, la présidente de transition de la Centrafrique, Catherine Samba Panza, qui jusqu'ici a été cantonnée dans un rôle de figurante, a estimé que le Forum était une «étape importante».

A l'ouverture du Forum, elle a souligné que le moment était «venu d'arrêter les hostilités, les destructions et l'enrôlement des enfants mineurs dans les rebellions», que les Centrafricains devaient «désarmer leurs corps de la haine et de la vengeance».

Situation volatile

Mais la situation reste toujours volatile dans le pays. Lundi, un ex-combattant de la rébellion Séléka (essentiellement musulmane) a été tué à Bangui par des miliciens anti-balaka (majoritairement chrétiens), a annoncé la Force africaine en Centrafrique (MISCA).

En représailles, des ex-Séléka ont pris en otage plusieurs jeunes et ont blessé le père de l'un d'entre eux, selon la même source.

Plongée dans le chaos

Depuis le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par la rébellion Séléka, Les violences intercommunautaires ont fait des milliers de tués et des centaines de milliers de déplacés.

Les ex-rebelles Séléka et les milices anti-balaka s'affrontent dans un cycle meurtrier et sanglant d'attaques et de représailles dont les civils sont les premières victimes.

Toutefois, le coordonnateur des anti-balakas, Patrice-Edouard Ngaïssona, s'est montré confiant. «Les anti-balakas sont prêts à abandonner les armes. Nous l'avons déjà amorcé avec nos frères ex-Séléka», a-t-il dit.

Appel à la fraternité

Présent, Mgr Dieudonné Nzapalanga, archevêque de Bangui, a appelé les futurs signataires à se montrer «responsables». «Que la chaleureuse fraternité revienne pour qu'on construise une nouvelle République centrafricaine», a-t-il plaidé.

Médiateur des pays de la région pour la crise centrafricaine, le président congolais Denis Sassou Nguesso a appelé les participants à s'«approprier le processus de retour à la paix, à la sécurité, à l'unité, à la réconciliation nationale et à la prospérité».

(ats)