Etats-Unis

15 juin 2019 04:42; Act: 15.06.2019 07:58 Print

Eau contaminée: la saga judiciaire continue à Flint

Le procureur du Michigan a abandonné ses poursuites dans le scandale de l'eau contaminée à Flint. Il souhaite tout reprendre depuis le début.

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Beaucoup d'habitants continuent à boire de l'eau embouteillée. (Photo: AFP)

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Les services du procureur de l'Etat américain du Michigan ont annoncé l'abandon des charges pénales liées à la contamination au plomb du réseau d'eau potable de Flint. Dénonçant les investigations antérieures, ils affirment vouloir relancer totalement ces poursuites.

Les résidents de cette ancienne cité industrielle, devenue symbole des injustices sociales aux Etats-Unis, attendent depuis des années d'obtenir réparation pour cette pollution dramatique. Beaucoup continuent à boire de l'eau embouteillée.

«Retarder la justice n'est pas refuser la justice», a déclaré jeudi la procureure générale du Michigan. Elle a assuré que l'abandon abrupt des poursuites était nécessaire pour relancer une «enquête complète et exhaustive». La procureure démocrate a critiqué la façon dont les investigations ont été menées par son prédécesseur, un républicain.

Un des pires scandales sanitaires

L'eau contaminée au plomb dans la ville de Flint est l'un des pires scandales sanitaires de ces dernières années aux États-Unis. Le drame a été provoqué par la décision des autorités locales de changer en 2014 la source d'approvisionnement en eau de la ville, par mesure d'économie.

L'eau acide et polluée de la rivière locale, préférée à l'eau pure du lac Michigan voisin, a rongé les conduites du réseau de distribution, exposant les habitants au saturnisme.

L'empoisonnement au plomb de milliers d'enfants de Flint menace d'avoir des conséquences catastrophiques sur leur santé durant des décennies. Au moins douze personnes sont par ailleurs décédées de la maladie du légionnaire, une infection causée par la contamination initiale de l'eau.

Quinze responsables locaux et de l'État avaient été inculpés de charges pénales graves, allant jusqu'à l'homicide involontaire, qui sont désormais caduques.

(nxp/ats)