Syrie

14 mai 2012 20:34; Act: 14.05.2012 21:57 Print

Echec du plan Annan?

L'Union européenne a pris lundi un nouveau train de sanctions contre le régime du président syrien Bachar al-Assad. La confiance dans le plan Annan s'érode.

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Les affrontements se multiplient au Liban voisin. (Photo: AFP)

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La violence sur le terrain a apporté son lot quotidien de victimes et a gagné le Liban voisin, où cinq personnes sont mortes depuis samedi dans des heurts entre sunnites et alaouites.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE réunis à Bruxelles ont adopté leur 15e train de sanctions contre Damas, gelant les avoirs de deux entreprises et de trois personnes considérées comme des sources de financement du régime.

Désormais, 128 personnes et 43 sociétés sont visées par ces sanctions qui ciblent notamment la Banque centrale. Un embargo pétrolier et un embargo sur les armes et le matériel pouvant servir à la répression ont également été mis en place.

La communauté internationale, qui multiplie les mesures de rétorsion et a dépêché deux tiers des observateurs internationaux censés surveiller une trêve décrétée il y a un mois mais jamais appliquée sur le terrain, n'est pas parvenue à faire cesser les violences.

Affrontements au Liban

Tandis que la Syrie s'enfonce dans le chaos, avec à nouveau 45 morts dans des violences dimanche, les affrontements confessionnels entre sunnites hostiles au régime et alaouites partisans du président Bachar al-Assad ont également gagné le Liban voisin.

Depuis samedi soir, sept Libanais dont quatre lundi, ont été tués dans ces violences à Tripoli, la principale ville du nord de ce petit pays longtemps sous tutelle politique et militaire de la Syrie voisine.

Les affrontements des derniers jours font craindre une contagion des violences au Liban. La Syrie y est restée très influente malgré le retrait de ses troupes en 2005 sous la pression internationale, grâce notamment à ses alliés du Hezbollah chiite, seul parti à disposer d'un arsenal militaire.

Echec du plan Annan?

Au fil des mois, la contestation contre le président syrien, entamée par des manifestations pacifiques, s'est militarisée. Les combats n'ont pas perdu en intensité en dépit des engagements du régime et de la rébellion à respecter le plan de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan.

Outre le cessez-le-feu, ce plan prévoit l'ouverture d'un dialogue politique, un accès humanitaire dans tout le pays et la libération de prisonniers.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud al-Fayçal, a affirmé lundi que la confiance des pays du Golfe dans les efforts de l'émissaire international en Syrie, Kofi Annan, commençait à s'éroder «sérieusement».

«La confiance dans les efforts de l'émissaire international commence à faiblir sérieusement et rapidement», a déclaré le chef de la diplomatie saoudienne lors d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet des monarchies du Golfe à Ryad. «Les combats se poursuivent, la violence se poursuit, l'effusion de sang se poursuit. Rien n'a été accompli, à part le fait que le niveau de la violence a baissé. Mais peut-on considérer qu'il y a un progrès si 60 personnes par jour sont tuées au lieu de 80 ?», s'est- il demandé.

Groupuscules de jihadistes?

La Russie a estimé, comme son allié syrien, qu'Al-Qaïda et les groupes associés à cette organisation étaient «derrière les attentats» commis récemment en Syrie.

Pour Mathieu Guidère, spécialiste du monde arabe et musulman, «Al- Qaïda n'est pas en Syrie. Mais il existe aujourd'hui quelques groupuscules de jihadistes qui optent pour le mode d'action» du réseau extrémiste.

Le 10 mai, un double attentat a fait 55 morts à Damas. Un groupuscule inconnu avant la révolte, le Front Al-Nosra, l'a revendiqué ainsi que d'autres attentats. Mais, estime Salman Shaikh, directeur du centre Brookings à Doha, le «degré de sophistication» des attentats montre que ce groupuscule obscur a reçu l'aide de «forces professionnelles».

(ats)