Présidentielle US

04 décembre 2011 12:04; Act: 04.12.2011 12:10 Print

Eclaboussé par les scandales, Cain se retire

Le candidat républicain Herman Cain a décidé de jeter l'éponge pour la présidentielle américaine 2012. L'homme d'affaires s'était surtout fait connaître pour ses bourdes et divers scandales sexuels.

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Herman Cain a multiplié les bourdes, notamment sur la Libye. (Photo: Keystone)

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Herman Cain, homme d'affaires et candidat à l'investiture républicaine pour la présidentielle américaine de 2012, a annoncé samedi à ses soutiens qu'il renonçait à poursuivre sa campagne. Il explique sa décision du fait des accusations de scandales sexuels qui brouillent sa candidature.

«Je suspends ma campagne présidentielle à cause des incessantes diversions qui ne cessent de me blesser ainsi que ma famille», a-t- il déclaré à ses soutiens réunis à Atlanta devant ce qui devait être son siège de campagne.

«De fausses accusations ont déstabilisé ma crédibilité à proposer des solutions aux gens», a-t-il confié à la fin d'un discours d'une demi-heure au cours duquel il a ménagé le suspense sur son avenir politique. Il a aussi affirmé qu'il était «en paix» avec sa conscience.

Le seul candidat noir républicain dans la course à la Maison Blanche a cependant annoncé qu'il briguerait de nouvelles responsabilités politiques à l'avenir, sans pour autant préciser lesquelles. Il a ajouté qu'il ferait connaître le nom du candidat ayant sa préférence pour la présidentielle de 2012 mais que celui-ci ne pouvait pas être Barack Obama.

«Success story»

Noir dans le Sud américain ségrégationniste, à la tête d'une chaîne de pizzerias moribonde, Herman Cain avait jusqu'ici bravé l'adversité grâce à son optimisme. Mais les accusations de harcèlement sexuel ont eu raison de sa candidature.

Pourtant, l'homme à la voix de stentor et au sourire éclatant en avait vu d'autres au cours de sa vie. Et c'est justement en capitalisant sur sa «success story» qu'il comptait rallier les voix en vue de l'investiture républicaine pour la course à la présidentielle de l'an prochain.

Né pauvre dans le vieux Sud il y a 66 ans, élevé à Atlanta dans les années 50, dans une Géorgie qui pratiquait encore la ségrégation raciale, M. Cain en a, selon ses propres dires, bavé.

Après des études de mathématiques dans une université réservée aux Noirs, il gravit l'échelle sociale pour se retrouver, en plein dans les années Reagan, patron de la chaîne de pizzerias Godfather's qui a connu des jours meilleurs.

La politique le démange

Il en fait un pilier de la restauration rapide américaine. Première grosse victoire. D'autres suivront, et, avec elles, des invitations à siéger à nombre de conseils d'administration. Mais la politique le démange.

Son engagement, il le voit à droite, au sein du parti républicain. Inévitablement, aux Etats-Unis, un Noir chez les républicains ne manque pas de susciter quelques questions, surtout lorsque bon nombre de ses sympathisants se reconnaissent dans la mouvance ultra-conservatrice du «tea party». Mais Herman Cain assume.

Ephémère coqueluche des sondages au début de la campagne, il a rapidement été éclipsé par les poids-lourds du parti républicain: Mitt Romney et, plus récemment, Newt Gingrich. C'est que l'optimiste bataillait ferme depuis plusieurs semaines.

Bourdes et accusations

Il y a eu ses bourdes et hésitations sur les dossiers chauds de l'actualité internationale. «Suis-je d'accord sur le fait que la Libye a maintenant un pays où les talibans et Al-Qaïda vont faire partie du gouvernement ?», s'interrogeait-il, à tort, lors d'une conférence de presse à la mi-novembre.

Mais ce sont plus certainement les accusations de harcèlement sexuel et d'adultère qui ont eu raison de sa campagne. Depuis fin octobre, quatre femmes l'ont mis en cause pour des faits de harcèlement sexuel, dont une est sortie de l'anonymat. Là, le sourire de M. Cain a commencé à se figer.

Si elle ne s'est pas éteinte, la polémique s'est calmée pendant un moment, jusqu'à ce que Ginger White, une femme d'affaires, sorte de l'ombre pour prononcer ce mot honni de l'opinion publique américaine: adultère. Sur la télévision locale Fox News d'Atlanta, Mme White a raconté la relation longue de 13 ans, qu'elle a dit avoir eue avec M. Cain.

Là encore, Herman Cain a tenté de limiter la casse, démentant, réfutant, niant les accusations de Ginger White. Peine perdue: en chute libre dans les sondages, démoralisé par les accusations et l'opprobre, l'éternel optimiste a finalement jeté l'éponge samedi.

(ats)