Ukraine

15 février 2019 11:26; Act: 15.02.2019 11:35 Print

Elu arrêté pour l'attaque à l'acide d'une militante

Une jeune femme qui dénonçait la corruption de la police dans sa ville ukrainienne avait succombé à une attaque à l'acide, en 2018. Un suspect a été incarcéré.

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Kateryna Gandziouk a succombé en novembre des suites d'une attaque à l'acide menée à son encontre en août 2018. (Photo: Twitter)

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Un tribunal ukrainien a placé vendredi en détention un élu régional soupçonné d'avoir commandité l'attaque à l'acide ayant entraîné la mort de la militante anti-corruption Kateryna Gandziouk. L'attaque avait été à l'origine d'une vague d'indignation internationale.

Vladyslav Manguer, 48 ans, a été envoyé en prison jusqu'au 3 mars avec la possibilité d'une libération contre une caution de 2,5 millions de grivna (92'560 francs), a affirmé à l'AFP la porte-parole du procureur général, Laryssa Sargan. Président de l'assemblée régionale de Kherson (sud), Vladyslav Manguer est poursuivi pour avoir commandité l'attaque contre Kateryna Gandziouk.

Elle dénonçait la corruption

En juillet 2018, un agresseur avait jeté un litre d'acide sulfurique sur Kateryna Gandziouk, alors qu'elle sortait de chez elle. Cette conseillère du maire de Kherson, âgée de 33 ans, qui dénonçait la corruption au sein de la police régionale, avait succombé à ses blessures en novembre suivant après une dizaine d'opérations.

La mort de Kateryna Gandziouk, qui s'est ajoutée à une longue liste de militants ukrainiens agressés ces dernières années, a scandalisé les Ukrainiens et les alliés occidentaux de Kiev.

«Animosité personnelle»

En début de semaine, le procureur général Iouri Loutsenko a affirmé que Vladyslav Manguer «a commandité ce crime» et l'a financé en donnant «au moins 4000 dollars» aux agresseurs de Kateryna Gandziouk.

Selon un extrait du texte officiel de l'accusation publié par le procureur général, Vladyslav Manguer éprouvait «une animosité personnelle» à l'égard de la victime qui dénonçait notamment «la coupe illégale des bois» effectuée «sous couvert d'incendies criminels». Accusé de l'organisation du meurtre «commandité» à but «lucratif», il risque la réclusion à perpétuité.

(nxp/ats)