Affaire Benalla

24 juillet 2018 21:58; Act: 25.07.2018 17:56 Print

«Le seul responsable, c'est moi et moi seul»

Devant des députés de la majorité, le président français a dit avoir ressenti les actes de son collaborateur comme «une trahison».

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«Le responsable, c'est moi, et moi seul». Le président français Emmanuel Macron a revendiqué devant des députés sa responsabilité mardi dans l'affaire Benalla, sans toutefois s'expliquer publiquement sur sa plus importante crise depuis son arrivée à l'Elysée comme le réclament une immense majorité de Français.

Depuis près d'une semaine déjà, les frasques de son ex-collaborateur Alexandre Benalla, filmé en train de malmener deux manifestants le 1er mai à Paris, nourrissent une crise que des élus de l'opposition ont qualifiée «d'affaire d'Etat», voire de «Watergate» français.

Cette crise politique est la plus grave depuis son élection en mai 2017 pour Emmanuel Macron, qui avait promis pendant sa campagne une «République exemplaire», mais ne s'est pas encore exprimé publiquement sur cette affaire bien que, selon un sondage mardi, 75% des Français souhaitent qu'il sorte de son mutisme sur l'affaire Benalla.

«La République exemplaire n'empêche pas les erreurs. S'ils cherchent un responsable, le seul responsable, c'est moi et moi seul. C'est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. C'est moi qui ai confirmé la sanction», a déclaré mardi le chef de l'Etat devant des élus et plusieurs membres du gouvernement réunis à Paris, hors la présence de la presse, selon un enregistrement de ses propos que l'AFP s'est procuré.

«Ça n'est pas la République des fusibles, la République de la haine. On ne peut pas être chef par beau temps et se soustraire lorsque le temps est difficile. S'ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu'ils viennent le chercher. Je réponds au peuple français... Personne dans mon cabinet n'a jamais été soustrait aux lois de la République. Jamais.», a assuré M. Macron, qui s'est exprimé pendant «une bonne demi-heure» devant «beaucoup» de monde, selon un élu.

Au sujet de M. Benalla, le président a aussi affirmé ne pas oublier «qu'il a été un militant très engagé pendant la campagne» à la présidentielle, mais il a dit avoir «ressenti les actes du 1er-Mai comme une déception et une trahison».

Assemblée électrique

Plus tôt en journée, le Premier ministre Edouard Philippe avait tenté de relativiser cette saga, qui n'est pas pour lui une «affaire d'Etat» mais une «dérive individuelle», celle d'Alexandre Benalla, a-t-il soutenu, sous les ovations des députés macronistes et les quolibets de l'opposition.

«Rien n'a été masqué, rien n'a été omis», a-t-il assuré dans une atmosphère tendue. Admettant que des «questions» se posaient sur la «proportionnalité» de la sanction infligée début mai à M. Benalla, il a toutefois jugé que «la célérité» de la réponse n'était «pas contestable».

Alexandre Benalla avait simplement été suspendu pendant 15 jours de ses fonctions et il a fallu attendre les révélations sur ses agissements, la semaine dernière, pour qu'il soit licencié et inculpé. Trois enquêtes ont d'ailleurs été ouvertes - judiciaire, parlementaire et administrative - et une question demeure: pourquoi portait-il un brassard de police lors des manifestations du 1er mai?

Dans l'après-midi, mardi, la Commission d'enquête de l'Assemblée a interrogé un premier membre de l'Elysée, le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Patrick Strzoda.

«J'ai considéré que je n'avais pas assez d'éléments pour justifier» de saisir la justice pour les actes de violence de M. Benalla, a argué M. Strzoda. Cette décision, «je l'ai prise seul, en mon âme et conscience. Je n'en ai jamais parlé avec le chef de l'Etat (...)», a-t-il ajouté.

Motion de censure?

Le président du groupe LR (opposition de droite) à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, a annoncé le dépôt d'une motion de censure contre le gouvernement, probablement la semaine prochaine, afin qu'il «s'explique» plus amplement sur cette affaire.

La France insoumise, qui cherche à déposer sa propre motion avec l'appui des communistes et des socialistes, n'a pas exclu de voter le texte LR. De leur côté, des députés LREM ont salué mardi soir un discours «bienvenu» d'un président de la République qui «assume».

Emmanuel Macron a perdu 4 points d'opinions favorables, à 32%, son niveau le plus bas depuis septembre 2017, selon un sondage Ipsos publié mardi.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Etienne le 24.07.2018 23:01 Report dénoncer ce commentaire

    Le plus surprenant...

    ce sont les commentaires de ceux qui disent que cette affaire Benalla est ridicule. on parle quand même d'un mec qui gagne 10000 balles par mois pour faire le bagagiste de l'équipe des bleus et qui se prend pour un flic dans les manifs. et le gouvernement pour légitimer les actes de ce sombre personnage se sont vite dépêchés de le nommer lieutenant-colonel de gendarmerie et de lui offrir toute la panoplie de flic dont même les vrais policiers ne peuvent que rêver... pour rappel Arnaud Beltram était lieutenant-colonel de gendarmerie et ne gagnait même pas la moitié de ce que gagne Bellana...

  • Ben Passera le 24.07.2018 22:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Combien de temps?

    Baaahhh, dans 2 semaines on en parlera même plus du Benalla. Un « scandale » après lautre, pas tous à la fois. Suffit que lautre ricain réouvre la chasse à lhippocampe et ce sera oublié!!

  • Ouèsava le 24.07.2018 22:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bizarre

    Il est vrai que le comportement de Benalla est incompréhensible au vu de sa position officielle. "Que diable allait-il faire dans cette galère ?" doit se demander Macron...

Les derniers commentaires

  • Moraine le 01.08.2018 13:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pourquoi pas

    L Amour est le plus fort.

  • Joseph le 26.07.2018 10:23 Report dénoncer ce commentaire

    La démocratie en marche

    Macron n'aurais pas dû dire c est moi le responsable mais bel et bien dire c est moi le coupable (!!!) assumer sa faute en démissionnant car le costume de président est trop lourd à porter pour ses frêles épaules ! En 2022, n'oubliez pas électeurs français, de voter pour un autre illustre inconnu n ayant RIEN accompli sur la scène politique et sortant d une banque privée pour être à la tête de la France!

  • Titi le 25.07.2018 08:11 Report dénoncer ce commentaire

    Belle vie

    A part ça, que se passe t'il en Suisse ? Tout va très bien, quel beau pays paradisiaque, ou l'on manque de rien.

  • 314 le 25.07.2018 08:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bon,

    au moins il assume.

  • Yvan René le 25.07.2018 07:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Finalement,

    tout ce qu ont lit ici sont des commentaires de frustres qui se defoulent sur les Français en ressortant sans cesse les mêmes poncifs. Ça permet de ne pas voir ce qui ne va pas chez soi.