Carnaval de Rio

08 mars 2011 15:55; Act: 08.03.2011 16:55 Print

Emotion et pluie pour la dernière nuit des défilés

Après avoir presque tout perdu dans un incendie, l'école de samba Grande Rio a gagné son pari: défilé sur le Sambodrome et soulevé l'enthousiasme des 70'000 spectateurs.

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«Mission accomplie ! Nous avons fait une reconstruction victorieuse», a déclaré, après le passage de l'école, Caê Rodrigues, metteur-en-scène du défilé.

Le 7 février, un incendie a ravagé la Cité de la samba, qui abrite dans la zone portuaire les ateliers où se prépare le carnaval et où trois écoles, Portela, Uniao da Ilha et Grande Rio, ont subi des dommages. Malgré tout, grâce à un travail sans relâche des artisans et à la solidarité des écoles concurrentes, elles ont pu refaire leur défilé.

Après les flammes, Grande Rio, la quatrième des six écoles qui défilaient dans la nuit de lundi à mardi, a dû affronter une pluie battante. L'école a exalté les beautés de l'île de Florianopolis, la capitale de l'Etat de Santa Catarina (sud du Brésil).

Les plus de deux cents artisans de l'école (couturières, charpentiers, peintres, forgerons, etc.) ont tous défilé, symbolisant l'effort collectif réalisé pour remettre l'école sur pied.


Compétition intense

Au cours des deux dernières nuits, les douze meilleures écoles de samba de Rio se sont disputé le titre convoité de «championne du Carnaval». Il s'agit d'une véritable compétition suivie avec la même passion que les grands matchs de football.

Exceptionnellement cette année, Portela, qui a défilé dimanche, Uniao da Ilha et Grande Rio ne seront pas notées pour ne pas courir le risque d'être rabaissées au niveau des écoles qui n'auront plus le droit de défiler sur le Sambodrome l'année prochaine.

Uniao da Ilha qui a donné le coup d'envoi aux défilés lundi avait pour thème «l'origine de la vie» à partir des thèses de Charles Darwin. Elle a été suivie de Salgueiro dont le sujet choisi, «Rio dans le cinéma», a transformé l'avenue de 700 mètres du Sambodrome en véritable scène de tournage.

Mocidade, la troisième école à défiler, a présenté l'histoire des fêtes liées à l'agriculture dans un pays considéré comme un «grenier du monde». L'école de Porto da Pedra a rendu hommage à la dramaturge Maria Clara Machado.

La célèbre Beija-Flor a clos la dernière nuit des spectaculaires défilés pendant que la pluie accordait une trêve aux danseurs en rendant hommage au chanteur Roberto Carlos, baptisé au Brésil «le roi» de la musique populaire et romantique.

La ville va vivre dans l'inquiétude jusqu'à l'annonce mercredi de la décision des juges qui notent chaque défilé sur la base de dix critères très stricts (chars, costumes, rythme, percussions, etc.).

(ats)