Ambassade suisse au Sri Lanka

04 décembre 2019 01:25; Act: 04.12.2019 06:29 Print

L'employée enlevée n'a pas le droit de quitter le pays

L'employée locale de l'ambassade suisse à Colombo n'a pas le droit de quitter le pays avant de faire une déclaration sur son enlèvement présumé.

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Image d'illustration. (Photo: AFP)

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Un tribunal du Sri Lanka a temporairement interdit mardi à une employée locale de l'ambassade de Suisse de quitter le pays. Avant toute chose, la femme est priée de faire une déclaration au sujet de son enlèvement présumé d'ici le début de la semaine prochaine.

Contacté par l'agence de presse Keystone-ATS, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) n'a pas souhaité se prononcer sur cette décision. Lundi, un ancien officier de l'armée sri-lankaise a manifesté devant l'ambassade helvétique à Colombo et a exigé que la Suisse autorise cette femme à être interrogée par la police dans ce pays situé au sud-est de l'Inde. La Suisse a affirmé qu'elle coopérait avec le Sri Lanka dans le cadre de l'enquête mais souligné que son employée n'était pas en état d'être entendue par la police pour des raisons médicales.

Selon l'ambassade suisse, l'employée a été enlevée pendant plus de deux heures et forcée de révéler des informations confidentielles. Lundi la secrétaire d'État aux affaires étrangères Pascale Baeriswyl a reçu lundi l'ambassadeur du Sri Lanka pour parler de cette affaire. Pascale Baeriswyl a «clairement affirmé» que Berne n'a aucun intérêt à bloquer l'enquête de la justice sri-lankaise, mais, qu'en tant qu'employeur, le DFAE prend au sérieux sa responsabilité envers son personnel.

Le ministère sri-lankais des Affaires étrangères a déclaré qu'il y avait des doutes sur la manière dont les événements avaient été présentés jusqu'à présent.

Investigations

Selon des médias, la collaboratrice aurait été forcée d'ouvrir son téléphone portable et de révéler les noms de Sri-Lankais qui avaient demandé l'asile en Suisse, notamment d'un officier de police de haut rang. Le policier enquêtait sur plusieurs affaires impliquant des membres de la famille Rajapaksa, qui a repris le pouvoir après la victoire de Gotabaya Rajapaksa à la présidentielle du 16 novembre.

Les investigations portaient notamment sur des enlèvements et des assassinats de journalistes entre 2005 et 2015, période pendant laquelle le frère de Gotabaya Rajapaksa était président. Le gouvernement a appelé cette semaine les autorités de l'immigration dans les aéroports à empêcher tout officier de police de quitter le pays sans autorisation.

(nxp/ats)