Texas

21 mai 2019 21:38; Act: 21.05.2019 21:38 Print

Encore un mineur mort en détention à la frontière

Un Guatémaltèque de 16 ans a été retrouvé inanimé au poste de police de Wesalco. C'est le cinquième décès de migrant mineur incarcéré en cinq mois.

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Des migrants latino-américains se massent à la frontière avec les Etats-Unis. (Photo: AFP)

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Un adolescent de 16 ans est décédé lundi alors qu'il avait été placé en détention par la police aux frontières américaine. Il s'agit du cinquième migrant mineur à trouver la mort dans des conditions similaires depuis décembre 2018.

Le jeune Guatémaltèque a été retrouvé inanimé au poste de la police aux frontières de Weslaco, au Texas (sud des Etats-Unis), selon la police, qui dit avoir «ouvert une enquête» pour déterminer les causes du décès.

Selon des médias locaux, l'adolescent avait signalé dimanche qu'il se sentait mal et une infirmière avait diagnostiqué une grippe. On lui avait prescrit un anti-viral et on l'avait transféré à Weslaco dans la foulée pour éviter qu'il ne contamine d'autres migrants. Il avait été interpellé le 13 mai près de la ville de Hidalgo, au Texas.

Selon les autorités guatémaltèques, le mineur était venu aux Etats-Unis pour «une réunification avec sa famille». «Le gouvernement du Guatemala pleure la mort de cet enfant guatémaltèque, présente ses condoléances à la famille et demande aux autorités américaines d'établir rapidement la cause du décès et de prendre les mesures qui s'imposent», déclare un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

«Dangereux et cruel»

C'est le cinquième mineur originaire du Guatemala à trouver la mort aux Etats-Unis après avoir été arrêté par la police aux frontières depuis décembre. «C'est affligeant de voir que des enfants continuent à mourir sous la surveillance de la police aux frontières. Placer les enfants en détention va à l'encontre des valeurs américaines», a réagi Astrid Dominguez, une responsable de l'ACLU, la puissante association américaine pour la défense des droits humains.

«Il est dangereux et cruel de détenir des gens, en particulier des enfants, dans des conditions insalubres et de surpeuplement», renchérit dans un communiqué Amnesty International, soulignant que «ce décès survient quelques jours seulement après que le gouvernement a proposé de compliquer encore les choses pour les gens qui cherchent à se mettre en sécurité dans ce pays».

Violence et pauvreté

Au total, plus de 460'000 personnes ont été arrêtées à la frontière avec le Mexique depuis le début de l'année budgétaire 2019, le 1er octobre. De nombreux migrants sont remis en liberté en attendant l'examen de leur demande d'asile car les centres d'hébergement d'urgence de la police aux frontières sont débordés.

En majorité, les clandestins se rendent aux autorités et déposent des demandes d'asile. La plupart d'entre eux viennent d'Amérique centrale - Honduras, Guatemala, Salvador principalement - et déclarent fuir la violence et la pauvreté qui sévit dans leur pays.

(ats)