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23 janvier 2020 22:21; Act: 23.01.2020 22:21 Print

Engagés pour un film, ils se retrouvent dans une manif

Une douzaine de jeunes ont apporté sans le savoir leur soutien à la directrice financière de Huawei à Vancouver. Ils pensaient faire leur job de figurants.

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Les «figurants» n'ont compris que plus tard quils avaient été bernés. (Photo: AFP)

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«Libérez Meng», «Justice équitable». La douzaine de jeunes manifestants réunis lundi devant un tribunal de Vancouver ont pris fait et cause pour Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois de l’équipement télécoms Huawei, qui contestait sa procédure d’extradition vers les États-Unis.

Le hic, c’est que les membres du petit groupe croyaient que leur soutien n’avait aucun rapport avec la réalité. Embauchés comme figurants sur Facebook ou par des connaissances, ils avaient été payés chacun entre 80 et 120 francs pour évoluer pendant deux heures sur ce qu’ils pensaient être... un plateau de tournage! «On m’a dit que je n’avais qu’à consacrer une heure de mon temps et tenir une pancarte. Facile, non?» a déclaré une participante âgée d’une vingtaine d’années.

«Personne n'a dit: action!»

Ce n’est que quelques heures plus tard, quand des journalistes canadiens ayant eu vent de l’affaire les ont interrogés, que les manifestants ont compris qu’on les avait bernés. «J’ai commencé à réaliser que personne n’avait dit: action!» a confié l’une d’elles à la chaîne publique CBC. Une camarade a livré un récit semblable au «Toronto Star». «Honnêtement j’ai plutôt honte et je suis gênée», a-t-elle rapporté, expliquant qu’elle n’avait jamais entendu parler de l’affaire de l’arrestation au Canada de Meng Wanzhou.

Une question reste sans réponse: qui a embauché ces «figurants»? L’ambassade de Chine à Ottawa nie toute implication et le groupe Huawei a indiqué n’avoir «aucun rapport avec les manifestants».

(pga/afp)