Ministre partouzard

01 juin 2011 22:41; Act: 01.06.2011 22:57 Print

Enquête ouverte sur les propos de Luc Ferry

Suite aux accusations de Luc Ferry sur un ministre partouzard, le Parquet de Paris a ouvert une enquête.

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L'ex-ministre de l'Education a lancé une bombe. (Photo: AFP)

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Le parquet de Paris a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête préliminaire sur les allégations de l'ex-ministre français de l'Education Luc Ferry. Lors d'une émission télévisée, ce dernier a accusé sans le nommer un ancien ministre de pédophilie, provoquant un tollé en France.

La brigade de protection des mineurs devra entendre Luc Ferry et «lui faire préciser ses allégations», a précisé la porte-parole du parquet.

Cette mesure a été prise suite à l'intervention de M. Ferry lundi soir sur la chaîne Canal où il a affirmé: «Vous avez un épisode qui est raconté d'un ancien ministre qui s'est fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons. Probablement, nous savons tous ici de qui il s'agit», prétendant détenir ses informations «des plus hautes autorités de l'Etat».

Ces propos ont suscité une vive polémique au sein de la classe politique française, dont certains représentants ont sommé M. Ferry de s'expliquer et se sont indignés qu'il n'aie jamais saisi la justice.

«Dictature de la rumeur»

«Si M. Luc Ferry a la preuve qu'il y a eu un comportement délictueux ou criminel (...), que M. Ferry saisisse la justice», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé. «Si on a la conviction qu'il y a eu un délit, voire un crime, on saisit la justice et on ne va pas simplement bavasser dans la presse», a ajouté le numéro deux du gouvernement sur France Culture.

Une position partagée par le porte-parole du gouvernement français, François Baroin, qui a jugé «surprenants» les propos de l'ancien ministre de l'Education.

«Soit il est détenteur (...) d'informations qui s'appuient sur des faits et dans ce cas-là il a le devoir de saisir la justice», a expliqué le porte-parole lors du compte rendu du conseil des ministres. «Soit il rapporte des propos qu'il a entendus dans un fond de couloir et, dans ce cas-là, il n'est plus un philosophe de la rumeur mais il en devient un acteur essentiel.»

François Baroin a aussi estimé que «procéder par amalgame et confusion» c'était «nourrir une forme de dictature de la rumeur (...) menaçante pour les libertés fondamentales».

«Il faut avoir le courage de dénoncer»

L'ancienne ministre française de la Justice Rachida Dati a pour sa part accusé Luc Ferry de «non-dénonciation d'un crime». «La pédophilie est un crime donc, s'il sait des choses, il doit dénoncer les faits et indiquer de qui il s'agit, de quels faits il s'agit», a- t-elle dit sur RMC et BFM-TV. «Je ne vois pas comment la justice peut ne pas s'emparer de ces propos.»

Les moeurs de la classe politique sont un sujet particulièrement sensible après l'inculpation de tentative de viol de Dominique Strauss-Kahn aux Etats-Unis et la démission du gouvernement du secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, accusé par deux femmes d'abus sexuels.

Dans ce contexte, les propos de Luc Ferry ont choqué. «Je trouve déplorable ce genre de propos», a déclaré mercredi sur Canal Dominique Paillé, vice-président du Parti radical.

«On ne peut pas laisser des mots comme cela lancés à la cantonade, des accusations aussi graves, même si elles sont sous couvert d'anonymat», a ajouté l'ancien porte-parole de l'UMP. «Quand on assène de telles affirmations, fondées ou non, on a le courage de les assumer».

Luc Ferry «ravi»

M. Ferry n'a pas paru ému par les critiques. «Je suis ravi d'avoir jeté ce pavé dans la mare», a-t-il déclaré mercredi sur I]Télé.

(ats)