Allemagne

04 juin 2014 14:12; Act: 04.06.2014 14:20 Print

Enquête sur l'espionnage du portable de Merkel

La justice allemande va enquêter sur l'espionnage présumé du téléphone de la chancelière Angela Merkel par les services secrets américains. Et tant pis pour le citoyen lambda.

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L'enquête sur le portable d'Angela Merkel est ouverte «contre X» et portera sur des faits d'espionnage et activités en faveur d'une service de renseignement étranger, a déclaré le procureur fédéral Harald Range à des journalistes à l'issue d'une audition devant une commission parlementaire.

L'Allemagne avait été choquée l'été dernier par les révélations de l'ex-consultant de la NSA, Edward Snowden, qui avaient mis à jour un vaste système de surveillance des conversations téléphoniques et des communications via l'internet des Allemands, jusqu'au téléphone de la chancelière, pendant plusieurs années.

La protection de la vie privée est un sujet extrêmement sensible dans un pays marqué par les dictatures nazie et communiste. Le scandale avait profondément affecté la relation avec les États-Unis, traditionnellement très étroite.

Décision critiquée

Le choix d'une enquête visant seulement les écoutes de la chancelière a été critiqué par les sociaux-démocrates du SPD, partenaires de coalition des conservateurs d'Angela Merkel, ainsi que par l'opposition (Verts et gauche radicale Die Linke).

«Le délit principal qui était l'objet de notre discussion, c'était l'espionnage de masse» opéré par l'agence de surveillance électronique américaine NSA à l'encontre des citoyens allemands, a réagi le député Hans-Christian Ströbele, représentant des Verts dans la commission parlementaire qui entendait M. Range.

«Une politique judiciaire qui suivrait la devise 'tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres' n'est pas acceptable quand il est question de la violation massive des droits des citoyens», a renchéri Ralf Stegner, vice-responsable des députés SPD au Bundestag, au site internet du quotidien économique Handelsblatt. Il faisait référence à une devise tirée du livre «La ferme des animaux» de George Orwell.

Une commission d'enquête avait été mise sur pied début avril en Allemagne pour déterminer dans quelle mesure des citoyens et des responsables politiques allemands ont été visés par la NSA, et ce que les services secrets allemands savaient. Elle envisage notamment d'auditionner Edward Snowden, soit en se rendant à Moscou où il réside, soit par visioconférence.

(ats)