Polémique

18 juin 2019 02:33; Act: 18.06.2019 02:33 Print

Equateur: volte-face pour la base aux Galapagos

Alors qu'une polémique naissait autour d'une base militaire américaine aux Galapagos, l'Equateur a assuré que cela n'aurait pas lieu.

storybild

Vue aérienne de l'île de Santa Cruz, aux Galapagos, en 2018. (Photo: AFP)

Une faute?

L'Equateur a assuré lundi que les Etats-Unis ne pourront utiliser l'archipel des Galapagos comme base militaire contre le narco-trafic, suite à une polémique générée par des déclarations du ministre de la Défense à propos d'un accord d'assistance aéro-maritime.

Le ministre, Oswaldo Jarrin, a dû s'expliquer après avoir déclaré que ces îles - classées au Patrimoine naturel de l'humanité et d'une grande valeur scientifique - constituaient un «porte-avion naturel», en référence à la convention qui permettra aux appareils militaires américains en mission de se réapprovisionner ou de se poser aux Galapagos.

«Il est de mauvaise foi de dire qu'un détachement permanent (dans l'archipel) est envisagé, que l'on renonce à la souveraineté, ou qu'il se transforme en théâtre de guerre», a affirmé M. Jarrin lors d'une conférence à l'Institut des hautes études nationales (IAEN). Selon le gouvernement équatorien, le nouvel accord de coopération ne permet pas aux avions américains de lutte anti-drogue de rester sur les îles. Il s'agira d'«un avion, une fois par mois, pas plus de trois jours», a affirmé le ministre.

Les Galapagos, un fragile écosystème

M. Jarrin a toutefois été convoqué par la commission des relations internationales du parlement afin de s'expliquer sur l'accord avec les Etats-Unis. Des députés ont en effet manifesté leur préoccupation quant aux éventuelles atteintes à la souveraineté du pays et au fragile écosystème des Galapagos, du fait de la venue régulière d'avions militaires.

Le ministre a rappelé que la Constitution équatorienne interdit l'installation de bases étrangères, telle que celle occupée par les Etats-Unis pendant une décennie dans le port de Manta (ouest), sur la côte Pacifique. Cette base a été fermée sur décision de l'ex-président Rafael Correa (2007-2017) lorsque, peu après le début de son premier mandat, il n'a pas renouvelé l'accord bilatéral qui permettait aux Américains d'effectuer des vols anti-drogue depuis le territoire équatorien.

Les Galapagos, une position géographique stratégique

La coopération entre Quito et Washington a repris en juin dernier lorsque le président Lenin Moreno a reçu le vice-président des Etats-Unis, Mike Pence, tirant un trait sur l'époque de relations bilatérales tendues sous son prédécesseur. Depuis septembre, un avion Orion P3 des Etats-Unis effectue des vols de contrôle du narco-trafic et de la pêche illégale depuis le port de Guayaquil (sud-ouest).

M. Jarrin a souligné que par l'archipel «passent les (...) corridors établis pour le narco-trafic» vers l'Amérique Centrale et l'Amérique du Nord. Le plan, a-t-il ajouté, est de «mettre à profit la position géographique, stratégique des Galapagos par rapport au continent» pour lutter contre le narco-trafic.

(nxp/afp)