Retrait des troupes US en Syrie

21 décembre 2018 11:13; Act: 22.12.2018 07:12 Print

Les trois mots d'Erdogan qui ont convaincu Trump

«On le fera». Par cette formule, le président turc a promis à Donald Trump de poursuivre la lutte contre les djihadistes après le départ des troupes américaines.

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Le départ des Américains de Syrie laisse les coudées franches à la Turquie. (Photo: Keystone)

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Le président américain Donald Trump a pris la décision de retirer ses troupes de Syrie lors d'un entretien téléphonique avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan après que ce dernier s'est engagé à poursuivre la lutte contre les djihadistes , rapporte vendredi un journal turc.

Cet entretien téléphonique avait eu lieu le 14 décembre. Des sources à la présidence turque avaient alors affirmé que les deux hommes avaient convenu de coopérer d'une «manière plus efficace» en Syrie.

La discussion était intervenue sur fond de menaces turques soutenues de lancer une nouvelle offensive en Syrie, dans la région à l'est de l'Euphrate, contre la milice kurde des YPG considérée comme terroriste par Ankara mais alliée de Washington dans la lutte contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI).

«On le fera»

C'est lors de cet entretien téléphonique que M. Trump a pris la décision de retirer les troupes américaines de Syrie, a affirmé vendredi le quotidien turc Hürriyet. Citant la transcription de l'entretien, le journal a affirmé que M. Trump a demandé à son homologue turc: «Allez-vous nettoyer ce qui reste des éléments de Daech (EI) si nous venons à nous retirer de Syrie»?

C'est à quoi M. Erdogan a répondu: «on le fera». Il a ensuite expliqué au président Erdogan que la Turquie avait déjà «éliminé 4000 membres» de l'EI lors de l'opération Bouclier de l'Euphrate menée dans le nord de la Turquie en 2016.

«Les préparatifs étaient en cours»

Après cet échange, M. Trump a ordonné à son conseiller à la sécurité nationale John Bolton, qui était également en ligne lors de l'entretien téléphonique, de «commencer le travail» sur le retrait, a ajouté Hurriyet.

Trois jours après cet entretien, le lundi 17 décembre, M. Bolton a appelé le principal conseiller de M. Erdogan, Ibrahim Kalin, et lui a fait savoir que «les préparatifs étaient en cours pour retirer» les troupes américaines, toujours selon le journal. M. Trump a annoncé publiquement mercredi ce retrait.

Essentiellement des forces spéciales

Quelque 2000 soldats américains sont actuellement déployés dans le nord de la Syrie, essentiellement des forces spéciales présentes pour combattre le groupe Etat islamique et entraîner les forces locales dans les zones reprises aux djihadistes .

Traversées par de fortes tensions notamment en raison du soutien américain aux YPG en Syrie, les relations entre la Turquie et les USA, deux alliés au sein de l'Otan, semblent sur la voie de la détente depuis plusieurs semaines.

(nxp/afp)