Syrie

15 juillet 2018 01:46; Act: 15.07.2018 01:46 Print

Erdogan met en garde Poutine

Le président turc menace de mettre fin à l'accord d'Astana si les troupes syriennes et russes attaquent la province d'Idlib.

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Le régime syrien a dénoncé samedi une «agression barbare et brutale» des Occidentaux, après les frappes menées peu avant l'aube par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne contre des bases militaires. (Jeudi 14 avril 2018) Les Britanniques ont indiqué avoir frappé un complexe militaire - une ancienne base de missiles - à 24 kilomètres à l'ouest de Homs, «où le régime est supposé conserver des armes chimiques». (Image prétexte - samedi 14 avril 2018) Le président français Emmanuel Macron a souligné que les frappes françaises étaient «circonscrites aux capacités du régime syrien permettant la production et l'emploi d'armes chimiques». (Image prétexte - samedi 14 avril 2018) Selon le général Joe Dunford, chef d'état-major américain, les forces occidentales ont visé trois cibles liées au programme d'armement chimique syrien, l'une près de Damas et les deux autres dans la région de Homs, dans le centre de la Syrie. La télévision d'Etat syrienne a rapporté des «informations» selon lesquelles un «centre de recherches» dans le quartier de Barzé, dans le nord-est de Damas, avait été visé. La télévision d'Etat syrienne a affirmé en outre que des missiles avaient été «interceptés» à Homs. (Image - samedi 14 avril 2018, agence syrienne SANA) La défense anti-aérienne syrienne est entrée en action contre «l'agression américaine, britannique et française», a rapporté la télévision d'Etat syrienne. Le régime syrien a jugé que cette opération militaire constituait une violation «flagrante» du droit international et était «vouée à l'échec». «Il est clair que le régime Assad n'avait pas reçu le message l'an dernier», a déclaré le ministre américain de la Défense Jim Mattis, rappelant la frappe américaine d'avril 2017 sur la base militaire d'Al-Chaayrate, près de Homs, après une autre attaque à l'arme chimique imputée à Damas. «Nous avons été très précis et la réponse était proportionnée, mais, en même temps, ce fut une frappe lourde», a-t-il ajouté. (IMage - vendredi 13 avril 2018) De Londres, la première ministre britannique Theresa May a affirmé qu'il n'y avait «pas d'alternative à l'usage de la force», assurant que «tous les recours diplomatiques» avaient été explorés, en vain. Depuis Paris, le président français Emmanuel Macron a martelé: «Nous ne pouvons pas tolérer la banalisation de l'emploi d'armes chimiques», a-t-il martelé. L'opération militaire conjointe aux trois alliés, soutenue a posteriori par l'OTAN, a duré une heure, à l'aube du samedi 14 avril 2018. (Image - Damas, samedi 14 avril 2018)

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu samedi son homologue russe Vladimir Poutine que l'accord d'Astana visant à endiguer le conflit syrien pourrait être annulé si les troupes de Damas attaquaient Idlib. Des milliers de rebelles y sont retranchés.

Les deux chefs d'Etat se sont entretenus au téléphone quelques jours après l'entrée de l'armée de Damas dans la ville de Deraa, dans le sud-ouest du pays, a-t-on appris de source turque. Le président turc a dit redouter que des mauvais traitements ne soient infligés aux civils de Deraa.

«Le président Erdogan a souligné (...) que si la province d'Idlib était visée de la même manière que Deraa, l'accord d'Astana pourrait être complètement vidé de sa substance», a expliqué la source.

«Développements négatifs»

Soutenues par la Russie et l'Iran, les forces du régime du président syrien Bachar el-Assad ont reconquis une grande partie du pays, mais les rebelles contrôlent toujours Idlib, dans le nord-ouest, tandis que des milices turques tiennent un vaste territoire à l'est.

Conformément à l'accord conclu l'année dernière à Astana, Ankara a érigé plusieurs postes d'observation dans la province d'Idlib, afin de réduire le risque d'escalade des combats entre les insurgés et les forces de Damas.

Pour le président Erdogan, il est primordial d'éviter des «développements négatifs» à Idlib et encourager les différentes factions rebelles à se rendre les 30 et 31 juillet à Astana où se tiendra une nouvelle conférence sur le conflit syrien, a dit la source. Le Kremlin a confirmé la tenue de l'entretien et a indiqué que les deux hommes avaient discuté des efforts en vue de résoudre le conflit.

(nxp/ats)