pollution de l'air

02 mars 2011 20:33; Act: 02.03.2011 20:35 Print

Espérance de vie plus courte en ville

La pollution de l'air dans les grandes villes européennes a un impact direct sur l'espérance de vie, selon une étude européenne.

Une faute?

Les personnes âgées de 30 ans et plus pourraient vivre jusqu'à 22 mois de plus si la valeur guide préconisée par l'OMS pour les particules fines était respectée.

Dans les 25 grandes villes étudiées, totalisant 39 millions d'habitants, le dépassement du seuil de 10 microgrammes par m3 d'air fixé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le niveau moyen annuel de particules fines PM2,5 (moins de 2,5 microns) se traduit par 19'000 morts par an.

D'un point de vue économique, il pèse pour environ 31,5 milliards d'euros par an (dépenses de santé, absentéisme...), révèlent les résultats du projet scientifique européen Aphekom, publiés mercredi.

Sur les 25 villes, Stockholm est la seule sous le seuil OMS (9,4 microgrammes/m3). Bucarest et Budapest, qui ont les niveaux de particules fines les plus élevés, pourraient, en les abaissant, gagner respectivement 22 et 19 mois d'espérance de vie.


Asthme et bronchites

Le projet Aphekom a aussi montré qu'habiter à proximité du trafic routier augmente sensiblement le risque de maladies chroniques. Il a ainsi estimé que dans dix villes européennes, 15% des asthmes de l'enfant pouvaient être attribués au trafic urbain.

L'impact de la pollution liée à la circulation est aussi retrouvé dans la bronchite chronique ou dans les pathologies cardiovasculaires, mais moins de données solides sont disponibles et les scientifiques préfèrent étayer leurs travaux avant d'avancer des chiffres, a précisé Laura Perez (Creal, Barcelone).

A contrario Aphekom a mis en évidence une diminution «considérable» - de l'ordre de 66% - des niveaux de dioxyde de soufre (SO2) dans l'air ambiant depuis les années 90 et la mise en place d'une législation européenne visant à réduire les niveaux de soufre dans les carburants. Une diminution qui a permis de prévenir quelque 2200 décès prématurés dans 20 villes européennes analysées.

Le projet Aphekom a été mené durant trois ans dans douze pays européens par plus de soixante scientifiques.

(ats)