Argentine

30 juillet 2014 06:34; Act: 30.07.2014 09:40 Print

Espoirs d'accord dans le litige des fonds «vautours»

Les discussions devaient reprendre mercredi dans le litige entre fonds «vautours» et Buenos Aires, après une avancée notable mardi. L'Argentine risque un défaut de paiement.

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Le ministre argentin de l'Economie, Axel Kicillof, s'exprime devant la presse, concernant la dette de son pays. (Photo: Keystone/John Minchillo)

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L'Argentine risque un défaut de paiement portant sur un montant minime pour un Etat, 539 millions de dollars, et doit régler cette somme au plus tard mercredi à minuit à des créanciers ayant consenti une remise de dette de 70% après la crise économique de 2001.

Mais le juge américain Thomas Griesa bloque ce paiement car le jugement qu'il a prononcé ordonne au pays sud-américain de payer d'abord 1,3 milliard de dollars aux fonds «vautours» NML et Aurelius.

Alors que 93% des créanciers ne vont toucher qu'environ 30% du montant des bons, la justice américaine va permettre à NML d'encaisser 832 millions de dollars pour des bons achetés à prix cassé à 48 millions.

Long blocage

Après des semaines de blocage, les discussions ont pris une nouvelle tournure mardi. Signe qu'une issue négociée est envisagée, le ministre argentin de l'Economie Axel Kicillof a quitté le sommet des chefs d'Etat du Mercosur à Caracas pour se rendre dans la soirée à New York et se joindre aux discussions avec le médiateur Daniel Pollack.

Vers minuit, le ministre a indiqué que la réunion était suspendue jusqu'à mercredi. «Nous continuons à travailler avec tout le sérieux que mérite cette question», a-t-il déclaré à la presse en sortant des bureaux du médiateur judiciaire Dan Pollack.

La réunion rassemblant la délégation argentine et le médiateur nommé par le juge Thomas Griesa, chargé de ce dossier complexe, avait débuté en fin de matinée. A Buenos Aires, la Bourse a bondi de 6,53% à la clôture après plusieurs jours de baisse, reflétant son optimisme quant à l'issue du processus de négociation.

Avant cela, un groupe européen de détenteurs de bons argentins restructurés avait demandé au juge Griesa la «suspension temporaire» de l'exécution du jugement jusqu'à début 2015, relayant une requête des autorités argentines.

Fonds en position de force

Depuis plus d'un mois, les négociations piétinaient, les deux parties affichant des postures diamétralement opposées. Buenos Aires refuse de payer les 1,3 milliard de dollars à des fonds «vautours» qui représentent moins d'1% des détenteurs de bons pour ne pas se mettre à dos la plupart (93%) des créanciers ayant accepté d'alléger la dette après la crise économique de 2001.

Les fonds spéculatifs, en position de force, n'ont pas cédé et n'ont fait qu'une concession, acceptant un paiement en bons du Trésor argentin.

Le juge Griesa s'est jusqu'ici montré hermétique aux demandes du gouvernement argentin, refusant le sursis à exécution du jugement qui permettrait à Buenos Aires de payer sans s'exposer à une avalanche de poursuites de créanciers demandant eux aussi à toucher 100% de leur dû.

(afp)