Paris

01 décembre 2018 14:25; Act: 01.12.2018 14:33 Print

Etudiants contre la hausse des frais universitaires

Plusieurs centaines d'étudiants ont manifesté contre la hausse des taxes d'écolage pour les non-Européens.

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Les étudiants criaient le slogan «mêmes études mêmes droits». (Photo: Twitter/ Lilâ le Bas)

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Quelques centaines de personnes se sont rassemblées samedi à Paris pour protester contre la hausse des frais universitaires pour les jeunes venus de pays extérieurs à l'Europe, qui agira selon eux comme une «discrimination» des plus modestes, a constaté une journaliste de l'AFP.

Aux cris de «non a l'augmentation des frais d'inscription», «mêmes études mêmes droits» ou encore «solidarité avec les étrangers», les manifestants sont rassemblés dans le calme, pour tenter de faire reculer le gouvernement.

L'appel a été lancé par l'Unef, deuxième syndicat étudiant, et d'autres organisations de jeunesse, rejointes par la Fage, premier syndicat étudiant, et des syndicats de personnels de l'enseignement supérieur.

Cette hausse des frais agira comme un «renforcement de la sélection» a affirmé à l'AFP Lilâ Le Bas, présidente de l'Unef, notamment au détriment des Africains qui représentent selon elle 45% de ces étudiants étrangers.

Une augmentation drastique

À partir de la rentrée 2019, les étudiants résidant hors de l'Espace économique européen (EEE) devront s'acquitter de 2'770 euros en licence et 3'770 euros en master et doctorat, contre 170 euros pour une année de formation en licence, 243 euros en master et 380 euros en doctorat pour les jeunes Européens.

Un système de bourses est prévu mais il est «très insuffisant», a ajouté Lilâ Le Bas, regrettant qu'«on continue de stigmatiser une partie de la population». «Les parents aident la première année mais après il faut se débrouiller avec des petits boulots. Si on passe a 3'000 euros, les gens ne pourront pas continuer», explique Tidiane, un Sénégalais de 24 ans, pour qui il est pourtant «évident que la France a une responsabilité» envers les étudiants africains francophones, qu'elle «ne remplit pas».

Judith (le prénom a été modifié), étudiante australienne en licence de philosophie, sait qu'elle fait partie des plus «privilégiés» mais elle même se demande comment elle pourra faire face à cette hausse des frais. «Je pense que je ne vais pas rester», ajoute la jeune femme, pour qui «la France a toujours représenté un idéal, qui se casse» aujourd'hui.

(nxp/afp)