«Gilets jaunes» en France

06 décembre 2018 17:08; Act: 07.12.2018 07:59 Print

Eviter Paris et le «piège tendu par les casseurs»

Une mobilisation monstre est attendue sur tout le territoire samedi. Le chef du gouvernement a renouvelé jeudi l'appel aux «gilets jaunes» à ne pas se rendre à Paris pour manifester.

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L'exécutif s'évertue jeudi à convaincre qu'il a entendu la colère des «gilets jaunes» tout en multipliant les appels au calme, alors que se rapproche le risque d'une nouvelle explosion de violence ce week-end. À deux jours de la mobilisation attendue samedi sur tout le territoire, les sept principaux syndicats ont mis en garde contre «toutes formes de violences dans l'expression de revendications». Une initiative saluée par le Premier ministre Edouard Philippe qui, devant le Sénat, a demandé aux «gilets jaunes» de ne pas se rendre à Paris pour «éviter qu'ils soient pris au piège que leur tendent les casseurs».

Des dizaines d'appels à manifester à Paris se concurrencent sur les réseaux sociaux, donnant pour la plupart rendez-vous sur les Champs-Élysées, qui ont été le théâtre de scènes d'émeutes le 1er décembre. L'Élysée a dit craindre «une très grande violence», malgré l'annonce mercredi soir d'un geste que l'exécutif espère décisif: la renonciation pour toute l'année 2019 aux augmentations de taxes sur les carburants.

Édouard Philippe, qui en était resté à la possibilité, au moins théorique, de réintroduire la taxe, apparaît fragilisé par cet arbitrage communiqué directement par le palais présidentiel.
Le Premier ministre est «très affaibli» mais ne pourra pas servir de «fusible» car «c'est la personne du président de la République qui est visée», a estimé le député LFI Alexis Corbière.

Macron au centre des critiques

Le chef du gouvernement poursuit au Sénat un débat engagé à l'Assemblée pour défendre une nouvelle fois les mesures prises en urgence: outre l'annulation de la taxe carbone, il s'agit d'un gel des tarifs du gaz et de l'électricité cet hiver, et du renoncement à durcir le contrôle technique automobile avant l'été.

Toutes ces annonces répondent à des demandes des «gilets jaunes». Mais pour près de huit Français sur dix (78%), elles ne répondent pas aux attentes exprimées par le mouvement, selon un sondage Elabe diffusé mercredi, alors qu'il n'était question que d'un moratoire de six mois.

Le président Emmanuel Macron, cible de toutes les critiques sur les points de blocage, a demandé de son côté solennellement aux partis politiques, aux syndicats et au patronat «de lancer un appel clair et explicite au calme».

De fait, l'appel semble avoir été entendu par l'opposition qui s'était encore montrée très offensive la veille. «Notre pays est confronté à une crise extrêmement grave et préoccupante. En ces circonstances, nous appelons à ce qu'aucun acte de violence sur les personnes et sur les biens ne puisse être commis», a dit le chef de file des députés LR Christian Jacob.

La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a souhaité des «mobilisations pacifiques». L'ex-président François Hollande a appelé «à la mesure et au refus de toutes les formes de violences».

Ultradroite et ultragauche

Le député LFI François Ruffin a, en revanche, balayé l'appel au calme de l'Elysée, estimant que «ceux qui jettent de l'huile sur le feu sont ceux qui disent que le cap est bon». Enfin les députés socialistes, Insoumis et communistes ont annoncé qu'ils déposeraient lundi une motion de censure contre le gouvernement.

Le collectif des «gilets jaunes libres» a demandé à être reçu vendredi par Emmanuel Macron, pour «calmer» la France qui se trouve «au bord de la guerre civile», a annoncé un de ses représentants, Benjamin Cauchy, à l'AFP. L'Elysée n'a pas réagi dans l'immédiat.

L'exécutif redoute aussi une extension de la colère à d'autres secteurs, notamment les agriculteurs et les transporteurs routiers. Environ 200 lycées et collèges étaient de nouveau bloqués ou perturbés jeudi. Un total de 146 personnes a été interpellé jeudi devant un lycée de Mantes-la-Jolie après des heurts et dégradations dans cette commune des Yvelines.

«Ça reste une minorité, Mais le problème c'est que là où ça se passe, c'est souvent très violent», a déclaré le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer dans les couloirs du Sénat.
Partout en France, les appels à se mobiliser une nouvelle fois samedi se multiplient et le ministère de l'Intérieur fait état d'une «mobilisation de la part de l'ultradroite et de l'ultragauche». De même source, «on constate une vraie radicalisation» de certains «gilets jaunes».

«Je prie pour samedi», a glissé un proche du président.
Plusieurs musées et lieux culturels parisiens ont décidé à nouveau de rester fermés samedi. La Ligue de football professionnel (LFP) a annoncé le report de deux nouveaux matches de Ligue 1, Monaco-Nice et Saint-Etienne-Marseille ce week-end.
Sur les réseaux sociaux, les mots d'ordre évoquent un renversement des institutions: «dissolution de l'Assemblée nationale», «Manu, on arrive !», «Pot de départ de Macron !», ou encore «Tous à la Bastille».

À Dole, Fabrice Schlegel, un promoteur immobilier de 45 ans qui est l'un des premiers leaders des «gilets jaunes» dans sa ville, s'est montré très inquiet. «Je ne sens pas les choses très bien, il y a une émulation révolutionnaire, mais comment les Français lambda vont-ils réagir face à cela ?», a-t-il dit à l'AFP.

(afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Snatch le 06.12.2018 17:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Paris

    ça va être un sacré bordel je ne voudrais pas être policier la banlieue viendra faire son pillage en plus des gilets jaunes et les black blocs pauvre France

  • Duvent le 06.12.2018 17:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Gouvernement de malhonnêtes !!!

    On est passé de " La République en marche " au" Casseurs sur Paris ". Un gouvernement ne doit jamais sous estimer la colère populaire. Les casseurs sont mieux organisés que les gilets jaunes et donnent malheureusement une mauvaise image de ce mouvement de la classe moyenne !

  • Demonboys le 06.12.2018 17:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Comprend pas...

    Je suis quand même choqué d'entendre une mère de familles dire vouloir se rendre à paris avec sa fille pour continué à manifester. Pourrai t'il pas manifester ailleurs, dans leurs régions ? Quand tu vois qu'on brûle les immeubles sans se préoccuper si il y a ou pas... des personnes à l'intérieur. C'est FLIPPANT , révoltant, et très stupides. De plus les étudiants veulent faire comme les grands... ils brulent, cassent, pillent. Vous attendez quoi les français ? De pleurer vos enfants... Vous aussi avez besoin de martyrs ? Continuez le mouvement mais n'allez pas à Paris Samedi !!!

Les derniers commentaires

  • Pierre Albert le 07.12.2018 10:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les taxes sont supprimées

    Pourquoi continuer à manifester et à casser? Je ne comprends pas. Priver Paris des affaires de Noël ne va pas arranger la situation financière de la nation et des citoyens.

    • plop le 07.12.2018 11:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Pierre Albert

      la liste des revendications est plus longue que ça...

    • pily le 07.12.2018 11:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Pierre Albert

      Si le pouvoir d'achat est si bas en France a quoi bon faire la fête ? si le porte monnaie n'y est pas le cervaux ne suit pas non plus

  • EndOf TheYear le 07.12.2018 09:32 Report dénoncer ce commentaire

    Bien triste fin d'année !

    Bien triste fin d'année en tous cas ! Oui, je sais que cela paraît léger ce que je dis au regard de ce qui se passe à Paris et ailleurs en France. Plus rien n'est respecté, Noël ne sera sans doute pas à mettre dans les annales cette année vous concernant, chers français, ça va loin, trop loin. Il faut que cela change, que le gouvernement change aussi, qu'une prise de conscience se fasse rapidement si vous ne voulez pas compter vos morts par milliers à défaut des jouets au pied du sapin, chers français.

  • kelvin cirtap le 07.12.2018 08:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    vous avez dit 35h...

    Vive les 35h. la gauche caviar avait promis de travailler moins et plus de loisirs alors les Français bien du plaisir il est facile de taper sur la tête des Grecs quand on n'est pas concerné. français française il est temps de faire vos réformes et vous mettre au travail

    • GrandeG. le 07.12.2018 10:44 Report dénoncer ce commentaire

      La tchache

      Français, tout dans la tchache, mais rien de plus, maintenant, il va falloir redresser votre pays, bien joli de regarder ce qui'il se passe ailleurs en Europe, il faudra se retrousser les manches et pas dans 10 ans...

  • Misanthrope le 07.12.2018 06:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    mouais....

    C'est l'EI qui doit bien se marrer. Ils n'ont plus besoin de faire des attentats en France. Les français savent très bien s'auto détruire par eux même

  • Pierre Albert le 07.12.2018 05:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vivement la suite du feuilleton

    On va mettre BFM pour suivre ça en direct samedi. Les médias nous ont promis beaucoup de violence.