Portugal - Affaire Maddie

28 avril 2015 23:11; Act: 28.04.2015 23:23 Print

Ex-enquêteur condamné à payer 500'000 euros

L'ancien inspecteur de police portugais chargé de l'enquête sur la disparition en 2007 de Madeleine McCann, Gonçalo Amaral, a été condamné à payer 500'000 euros aux parents à l'issue d'un procès en diffamation.

Une faute?

Gonçalo Amaral «est condamné à payer à chacun» des deux parents «une indemnité compensatoire de 250'000 euros», indique la décision prononcée lundi par le tribunal civil de Lisbonne.

Cette somme est assortie d'intérêts s'élevant à 106'000 euros, a précisé Isabel Duarte, l'avocate du couple britannique.

Kate et Gerry McCann poursuivaient en justice l'ancien responsable de l'enquête pour avoir publié en 2008 un livre nommé «Maddie, l'Enquête interdite», dans lequel il accuse le couple d'avoir dissimulé le cadavre de sa fille morte accidentellement.

Un livre qui a nui aux recherches

Le tribunal a en outre condamné M. Amaral et ses éditeurs à retirer les exemplaires en circulation et leur interdit toute réédition du livre, de même que toute nouvelle diffusion d'un documentaire basé sur ces mêmes thèses.

«Nous sommes ravis de la décision du juge», ont réagi les parents dans un communiqué, ajoutant qu'il «n'a jamais été question d'argent» mais «de l'effet de ces diffamations sur nos autres enfants».

«Une petite fille innocente est toujours portée disparue et les responsables de son enlèvement sont toujours en fuite», a affirmé le couple, qui s'est toujours dit convaincu que Madeleine pourrait être encore en vie.

Au cours du procès, les McCann ont cherché à démontrer que le livre de M. Amaral avait nui aux recherches de leur fille. La famille britannique réclamait 1,2 million d'euros en réparation du préjudice subi.

Rappel des faits

Maddie a disparu de sa chambre le 3 mai 2007, à quelques jours de son quatrième anniversaire, dans la petite station balnéaire de Praia da Luz, dans le sud du Portugal, où elle séjournait en vacances avec sa famille.

Après 14 mois d'investigations controversées, marquées notamment par la mise en examen des parents de la fillette et le limogeage de M. Amaral, la police portugaise avait classé l'affaire en 2008 avant de rouvrir le dossier cinq ans plus tard.

La police britannique a ouvert sa propre enquête en juillet 2013 et a effectué depuis plusieurs déplacements au Portugal. Des fouilles menées l'été dernier n'avaient révélé «aucun indice», selon Scotland Yard, mais quatre personnes avaient été mises en examen en juillet.

(afp)