Crise en Irak

19 juillet 2014 08:41; Act: 19.07.2014 11:54 Print

Exode à Mossoul après un ultimatum des jihadistes

Les chrétiens de Mossoul, ville contrôlée par les jihadistes de l'Etat islamique (EI), fuyaient en masse vendredi, selon le patriarche chaldéen et des témoins.

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«Les familles chrétiennes se dirigent vers Dohouk et Erbil» dans la région autonome du Kurdistan irakien, a indiqué à l'AFP Louis Sako, déplorant que «pour la première fois dans l'histoire de l'Irak, Mossoul se vide de ses chrétiens». Selon des témoins, des messages relayés depuis les haut-parleurs de plusieurs mosquées ont intimé aux chrétiens l'ordre de quitter la ville d'ici samedi.

Dans un communiqué attribué à l'EI, les jihadistes avaient déjà mis en garde la semaine dernière la minorité chrétienne de Mossoul, deuxième ville du pays, peuplée de deux millions d'habitants avant l'offensive d'insurgés sunnites lancée le 9 juin.

«Nous avions été choqués par la distribution de ce communiqué appelant les chrétiens à se convertir à l'islam, à payer une taxe spéciale ou à défaut à quitter la ville (...) après quoi leurs maisons appartiendraient à l'Etat islamique», a expliqué Mgr Sako. Le communiqué affirmait: «il n'y aura pour eux rien d'autre que l'épée» si les chrétiens rejettent ces conditions.

A Washington, le département d'État, par la voix de sa porte-parole Jennifer Psaki, a «condamné dans les termes les plus forts la persécution systématique des minorités ethniques et religieuses par le groupe terroriste» de l'État islamique.

Maisons taguées

Selon le patriarche et des habitants, plusieurs maisons avaient été taguées au cours des derniers jours de la lettre «N» pour «Nassarah», un terme qui désigne les chrétiens dans le Coran.

Avant l'invasion américaine de 2003, plus d'un million de chrétiens vivaient en Irak, en majorité à Bagdad. Mais en raison des violences meurtrières qui ont secoué le pays depuis, ils ne sont aujourd'hui pas plus de 400'000 sur l'ensemble du territoire. Beaucoup de ceux qui sont restés vivaient avant l'offensive jihadiste dans la province de Ninive, dont Mossoul est la capitale.

A la faveur de leur offensive fulgurante, les insurgés emmenés par les jihadistes de l'EI se sont emparés de pans entiers du territoire dans le nord, le centre et l'ouest de l'Irak.

Base aérienne attaquée

Jeudi soir, des insurgés ont lancé un assaut contre une base aérienne dans le nord de l'Irak, ont affirmé des sources au sein de l'armée. Cette dernière et l'EI diffèrent sur l'issue des combats et le nombre de victimes, mais un officier des renseignements a reconnu que la base aérienne avait été assaillie.

Selon l'armée, une unité des forces spéciales est arrivée en renfort et a perdu trois de ses membres dans les combats, tandis que 35 assaillants ont péri dans la bataille. L'EI a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir tué plusieurs soldats et pilotes, abattu deux hélicoptères en vol et détruit appareils, réserves de carburant et outils de communication au sol.

Cette base militaire, connue sous le nom de base Speicher, est située à quelques kilomètres au nord de la ville de Tikrit. Cet ancien bastion de Saddam Hussein est tombé aux mains des insurgés sunnites il y a plus d'un mois.

(lgü/ats)