Etats-Unis

13 septembre 2018 03:46; Act: 13.09.2018 03:57 Print

Face à l'ouragan, les mal-logés obligés de partir

À l'approche de Florence, les résidents de mobil-homes, sur le départ, craignent de ne pas avoir de toit à leur retour.

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Le comté de Georgetown, en Caroline du Sud, se prépare à de fortes inondations en début de semaine prochaine. (Vendredi 21 septembre 2018) Le président américain Donald Trump a salué le travail des secours et promis une aide fédérale aux régions du sud-est des Etats-Unis ravagées par l'ouragan Florence. (Mercredi 19 septembre 2018) CONWAY, SC - SEPTEMBER 21: Members of the South Carolina National Guard survey rising floodwaters caused by Hurricane Florence near the Crabtree Swamp on September 21, 2018 in Conway, South Carolina. The floodwaters are expected to rise through the weekend and into the early part of next week. Sean Rayford/Getty Images/AFP Li Patrica et sa petite-fille espèrent pouvoir emporter de la nourriture gratuite auprès d'un centre de donation à New Bern, en Caroline du Nord. (Mardi 18 septembre 2018) Les plus pauvres et les moins mobiles sont les plus fragiles lors des ouragans. (Mardi 18 septembre 2018) À Conway, en Caroline du Sud, les inondations sont impressionnantes. (Mardi 18 septembre 2018) Le bilan des inondations dans le sud-est des Etats-Unis est monté à 23 victimes. (Mardi 18 septembre 2018) Champs inondés, rivières en crue, routes coupées: une partie du sud-est des Etats-Unis était sous les eaux dimanche après le passage de l'ouragan Florence, qui a fait au moins 15 morts depuis vendredi. (16 septembre 2018) De fortes pluies s'abattent sur la côte est des Etats-Unis balayée par l'ouragan Florence, rétrogradé en catégorie 1 jeudi soir. (13 septembre 2018) La rivière commence à monter à Wilmington, en Caroline du Nord, alors que Florence se rapproche de plus en plus. (Jeudi 13 septembre 2018) Un homme brandit un drapeau américain à Wilmington, en Caroline du Nord. (Jeudi 13 septembre 2018) Un ponton détruit par les vagues à Atlantic Beach, en Caroline du Nord. (Jeudi 13 septembre 2018) Vents puissants et fortes pluies ont déjà touché Atlantic Beach, en Caroline du Nord. (Jeudi 13 septembre 2018) A Wilmington, le seul restaurant qui reste ouvert, Waffle House, est pris d'assaut. (Jeudi 13 septembre 2018) L'ouragan Florence a été rétrogradé en catégorie 2 mercredi soir. Il est toutefois toujours considéré comme très dangereux. (12 septembre 2018) À deux pas de la Maison Blanche, cette digue est censée protéger Washington de l'ouragan Florence. (Mercredi 12 septembre 2018) En Caroline du Sud, certains espèrent encore que l'ouragan Florence les évitera. (Mercredi 12 septembre 2018) L'ouragan a été rétrogradé en catégorie 3 avec des vents faiblissant mais il reste dangereux, a annoncé le centre national des ouragans (NHC). (Mercredi 12 septembre 2018) Dans la vieille ville d'Alexandria, en Virginie, les fortes pluies des derniers jours ont déjà inondé certaines rues. (Mardi 11 septembre 2018) «Nous n'avons été jamais aussi prêts» pour affronter l'ouragan, a assuré Donald Trump. «Il est terriblement gros, terriblement humide, un niveau d'eau terrible», a-t-il ajouté depuis le bureau Ovale. (Mardi 11 septembre 2018) Un magasin barricadé à Wrightsville Beach, en Caroline du Nord. (Mardi 11 septembre 2018) La côte de Topsail Beach, en Caroline du Nord, avant l'ouragan. Des habitants ayant fui leur domicile se réfugient dans un abri à au collège de Trask à Wilmington, en Caroline du Nord. (Mardi 11 septembre 2018) Suivant un ordre d'évacuation, des voitures quittent la ville de Surf City, en Caroline du Nord. (Mardi 11 septembre 2018) Des habitants remplissent des sacs de sable sur une plage de Topsail, en Caroline du Nord. (Mardi 11 septembre 2018) Dans cette station-service de Harbinger, en Caroline du Nord, il n'y a plus que de l'essence premium disponible. (Mardi 11 septembre 2018) Dans ce magasin de Myrtle Beach, en Caroline du Sud, les rayons ont été pris d'assaut. (Mardi 11 septembre 2018) Des ouvriers préparent une maison à l'arrivée de l'ouragan à Wrightsville Beach. (Mardi 11 septembre 2018)

Une faute?

«L'aspect matériel est secondaire»: les résidents d'un parc de mobil-homes de Wilmington, en Caroline du Nord, particulièrement vulnérables à l'approche de l'ouragan Florence, se sont résignés à partir, sans savoir s'ils auront toujours un toit à leur retour.

«Des logements à prix abordables près de la plage!» Niché entre la rivière Cape Fear et l'océan Atlantique, au sud de la ville portuaire de Wilmington, le Royal Palms Park et ses allées de mobil-homes passeraient presque pour un terrain de camping estival. Il accueille en fait à l'année des familles qui n'ont pas les moyens de se loger ailleurs que dans ces structures précaires et fragiles de quelques dizaines de mètres carrés.

Alors que le vent commençait à se lever mercredi midi à l'approche de l'ouragan Florence, des bénévoles d'une église hispanique locale frappaient à toutes les portes pour convaincre leurs occupants d'aller se réfugier ailleurs.

La décision d'Oscar Perez était déjà prise depuis longtemps. «Ces mobil-homes sont très fragiles et avec un ouragan de catégorie 4 qui arrive, il n'y a pas d'autre choix que de partir», confie ce jardinier d'origine mexicaine, installé aux Etats-Unis depuis une douzaine d'années.

«Nous allons prendre de quoi manger pour pouvoir survivre quelques jours avec les enfants, on ne sait pas à quoi s'attendre. Il faut croire en notre bonne étoile, le plus important est de rester en vie. L'aspect matériel est secondaire», ajoute-t-il en touchant, superstitieux, l'une des palettes de bois qu'il s'apprête à fixer devant l'une des fenêtres de son logement préfabriqué.

«Aussi loin que possible»

Dans l'allée mitoyenne, le coffre de la voiture d'Alondra Espinoza est plein à craquer. «Tout est chargé, nous sommes prêts à partir», assure-t-elle tandis qu'une petite voix se fait entendre derrière la porte. «J'ai déjà connu des ouragans, mais jamais avec des enfants. Si ça ne tenait qu'à moi, je serais restée, mais je veux les emmener aussi loin que possible d'ici et des dangers de l'ouragan», poursuit la mère de famille.

Elle espère que son mobil-home sera toujours là lorsqu'elle reviendra une fois que les conditions le permettront. Mais elle affirme, avec un fatalisme déroutant, s'être déjà préparée «au pire»: «On resterait chez mon frère en attendant de trouver un autre endroit où vivre.»

Son jeune voisin d'en face, Diego Hernandez, s'apprête à partir à l'hôtel, à quelques kilomètres de là, en ville, avec le reste de sa famille, après avoir pris soin de surélever les meubles.

Le jeune homme, qui vient de terminer le lycée et espère suivre une formation en arts numériques, n'a pris «que l'essentiel» avec lui: «De la nourriture, des vêtements et des appareils électroniques transportables». «Honnêtement, je n'arrive pas trop à savoir comment me sentir. Mais je sais que ça va être mauvais et riche en émotions», augure-t-il.

(nxp/afp)