Législatives ivoiriennes

12 décembre 2011 12:58; Act: 12.12.2011 14:44 Print

Faible mobilisation, selon le camp Gbagbo

Alors qu'on attend les premiers résultats des législatives de dimanche en Côte d'Ivoire, le camp de l'ancien président Laurent Gbagbo estime le taux de participation à 20%.

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Les premiers résultats des législatives de dimanche en Côte d'Ivoire doivent être annoncés lundi, un scrutin capital après la crise meurtrière de 2010-2011, mais boycotté par le camp de l'ancien président Laurent Gbagbo, qui s'est senti conforté par la forte abstention.

Le porte-parole de la Commission électorale indépendante (CEI), Yacouba Bamba, a annoncé sur la chaîne de télévision publique RTI que les premiers résultats tomberaient lundi après-midi. Le visage de la nouvelle Assemblée doit être connu dans le courant de la semaine.

Quelque 5,7 millions d'inscrits étaient appelés aux urnes huit mois après la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, qui a fait quelque 3000 morts après le refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010.

Une mobilisation très basse

Mais la participation a été faible, selon les observateurs, loin des quelque 70% de la présidentielle, un score historique.

La CEI n'a pas encore fourni de chiffre officiel mais, dès dimanche, son président Youssouf Bakayoko a averti que la mobilisation des électeurs aux législatives était en général assez basse, «autour de 35%».

Le camp Gbagbo, qui avait décidé de boycotter le vote - à l'exception de quelques dizaines de candidats se présentant en «indépendants» -, s'est empressé de pilonner le pouvoir du nouveau président Alassane Ouattara.

Ce «très faible» taux montre que l'électorat «n'a pas voulu légitimer son pouvoir illégal», a affirmé le porte-parole en exil de l'ancien président, Justin Koné Katinan.

Révolte silencieuse

Selon lui, les Ivoiriens ont aussi exprimé «par cette révolte silencieuse leur désaveu à son encontre pour avoir transféré illégalement le président Laurent Gbagbo à La Haye».

Arrêté le 11 avril après deux semaines de guerre, l'ex-chef d'Etat a été écroué fin novembre, juste avant le scrutin, à la Cour pénale internationale (CPI), qui le soupçonne d'être «coauteur indirect» de crimes contre l'humanité.

Pour M. Ouattara, qui espérait «beaucoup mieux» que les quelque 32% des dernières législatives de 2000, le Parlement sera cependant «véritablement consensuel, démocratique et contribuera au renforcement de la démocratie».

Du côté des autorités, on se félicite en particulier qu'après une campagne ayant été marquée par cinq morts, les élections n'aient été émaillées, selon les premiers rapports, que par des incidents isolés.

Développement positif

Ainsi à Bonon (centre-ouest), «des individus armés ont dérobé du matériel électoral, dont des urnes», a indiqué le chef de la mission de l'ONU dans le pays (Onuci), Bert Koenders, qui a la charge de «certifier» le scrutin.

Le calme qui a régné «dans l'ensemble» dimanche «pourrait illustrer un développement positif après la violente crise postélectorale», a-t-il analysé.

La coalition présidentielle est assurée d'avoir la majorité des 255 sièges de la nouvelle Assemblée, faute d'adversaires de poids.

Mais le nouveau rapport de forces entre le Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara et son principal allié, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ex-chef d'Etat Henri Konan Bédié, sera décisif pour l'avenir, alors que la base du PDCI s'estime lésée depuis plusieurs mois.

Le scrutin, le premier organisé depuis la présidentielle, était un rendez-vous majeur après la crise récente, qui a conclu une décennie de tourmente et de violences pour ce pays de plus de 21 millions d'habitants, le plus riche d'Afrique de l'Ouest francophone.

(afp)