Suède

16 mai 2012 16:14; Act: 16.05.2012 16:42 Print

Fan de mangas jugé pour pédopornographie

Un expert et traducteur de bandes dessinées japonaises a comparu mercredi devant la Cour suprême qu'il a saisie après avoir été condamné pour possession de pornographie infantile.

Une faute?

Simon Lundström, décrit par les médias suédois comme un grand connaisseur de mangas, a été condamné en première et deuxième instance à des amendes de respectivement 25'000 et 5'600 couronnes (2750 et 618 euros) pour avoir été en possession sur le disque dur de son ordinateur de 39 dessins représentant des personnages de mangas dans des poses sexuelles.

Ses avocats font valoir que ces dessins récupérés sur internet ne représentaient pas de réels enfants, contrairement à la pornographie.

En outre, un expert en bandes dessinées a témoigné mercredi devant la Cour que bien que paraissant jeunes, les personnages de mangas ne représentent pas forcément des enfants.

«Nous avons déjà un énorme paquet de photos à examiner»

La police suédoise a d'ailleurs critiqué la procédure intentée contre M. Lundström, estimant qu'elle créait une jurisprudence qui irait à l'encontre de l'efficacité de la lutte contre la pédopornographie réelle.

«Les enfants qui sont victimes d'abus ne devraient pas être comparés à des dessins imaginaires», a déclaré le chef de l'unité de lutte contre la pornographie infantile de la police suédoise Björn Sellström, cité par l'agence de presse TT.

«Nous avons déjà un énorme paquet de photos à examiner. Les dessins ne sont pas inhabituels et (enquêter sur des faits relatifs à de tels dessins) nous prendrait du temps sur notre travail pour aider les enfants qui ont des ennuis», a-t-il expliqué.

La violence et le sexe présents dans certains mangas scandalisent des organismes internationaux de protection des mineurs. Mais la loi japonaise en la matière écarte les mangas et autres dessins du champ des images pédophiles dont la diffusion est prohibée.

En décembre 2010, la municipalité de Tokyo a limité aux plus de 18 ans les mangas et animations où sont représentées des scènes de sexe jugées trop violentes, notamment des incestes, des viols, des actes sexuels avec des enfants ou autres scènes jugées exagérément obscènes.

La Cour Suprême suédoise doit rendre son verdict dans quelques semaines.

(afp)