Moscou 

29 janvier 2020 20:56; Act: 29.01.2020 22:50 Print

Fausses alertes en série: messagerie suisse bannie

Une vague de canulars lancés depuis un compte crypté Protonmail sème la pagaille dans les services publics russes.

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Les évacuations incessantes énervent la population et mobilisent les services de secours. (Photo: AFP)

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Rien que lundi à Moscou, 16'000 personnes ont été évacuées d’écoles, d’hôpitaux, de tribunaux. Mais les nuisances provoquées par des milliers de fausses alertes à la bombe depuis novembre auraient touché des millions de personnes, vidant stations de métro, centres commerciaux et même la cathédrale du Christ-Sauveur, visée plus de dix fois en trois mois, selon le Moscow Times.

Si ces évacuations n’ont pas donné lieu à la moindre découverte de bombe, elles suscitent une exaspération croissante au sein de la population, renforcée par le silence du pouvoir et des médias sur le problème. «Les agences gouvernementales sont plongées dans la stupeur. Mais personne ne va en parler», s’énervait un internaute cité par la BBC.

Même pas contactés

De fait, les autorités peinent à endiguer le phénomène. Faute de mieux, le gendarme des télécoms a fait bloquer hier la messagerie cryptée Protonmail, utilisée pour l’envoi de messages mensongers. La start-up, fondée au CERN et toujours basée à Genève, a protesté contre cette décision, qui «porte uniquement préjudice aux utilisateurs ordinaires». Elle n’aurait même pas été contactée par Moscou, qui l’accuse pourtant d’avoir refusé de fournir des données sur les auteurs des canulars.

Selon l’agence Interfax, ces fausses alertes recouvriraient une tentative de chantage de la part d’individus lésés par la débâcle de WEX, une plateforme d’échange de cryptomonnaies aux activités louches.

(arg/afp)