République tchèque

22 juillet 2019 16:49; Act: 22.07.2019 23:09 Print

Filiale de Huawei accusée de collecter des données

La firme tchèque du géant chinois de la téléphonie est au coeur d'un scandale de collecte secrète des données de ses clients.

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La firme tchèque de Huawei partagerait les informations de ses utilisateurs avec l'ambassade de Chine à Prague. (Photo: Keystone)

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La branche tchèque de la société de téléphonie chinoise Huawei collecte secrètement des données sensibles des clients, fonctionnaires et hommes d'affaires avec lesquels elle mène des négociations commerciales, a affirmé lundi la radio publique tchèque Radiozurnal.

Selon la radio s'appuyant sur des témoignages faits sous couvert d'anonymat par deux anciens responsables de la branche, Huawei partage ces informations avec l'ambassade de Chine à Prague.

Huawei est dans le collimateur de l'administration Trump qui la soupçonne de collaborer étroitement avec Pékin et craint que les services de renseignement chinois n'aient accès aux données acheminées sur les futurs réseaux. Un avertissement analogue a également été émis par Prague.

«Les responsables, qui ont travaillé pendant plusieurs années pour Huawei, ont révélé à nos reporters qu'ils avaient été obligés de faire entrer sur une base de données interne, outre des informations commerciales sur leurs cliens, celles relatives à leur vie privée», a indiqué la radio tchèque.

Il s'agit par exemple d'informations sur le nombre d'enfants, les passe-temps ou la situation financière, selon Radiozurnal.

«L'accès à ces informations mises sur la base de données de CRM (Customer Relationship Management) est piloté uniquement par le siège (de Huawei) en Chine», a indiqué l'un des responsables.

Réagissant à des informations, la branche tchèque de Huawei a affirmé qu'elle respectait le règlement général de protection des données (RGPD).

L'Agence tchèque de cyber-sécurité avait mis en garde en décembre 2018 contre l'utilisation des logiciels et du matériel de Huawei, affirmant qu'ils constituaient une menace pour la sécurité du pays.

«Les lois chinoises imposent aux sociétés privées ayant leur siège en Chine de coopérer avec les services de renseignement», a averti l'agence tchèque. Début 2019, la direction des impôts tchèque a exclu Huawei d'un appel d'offres de plus de 20 millions d'euros pour la création d'un portail fiscal.

La firme est dans le collimateur des autorités américaines, qui la soupçonnent d'espionnage au profit de Pékin.

L'administration Trump milite auprès de ses alliés pour qu'ils fassent comme elle et empêchent le groupe chinois --un des leaders mondiaux dans la technologie 5G-- de participer à la construction de ces réseaux de téléphonie mobile à très haut débit.

Les Européens sont divisés sur le sujet, l'Allemagne ayant accepté au moins formellement la participation de Huawei à la construction de son réseau quand la République tchèque a lancé des mises en garde.

(nxp/afp)