«Jouet sexuel» en Lituanie

20 mai 2012 10:50; Act: 20.05.2012 12:51 Print

Fillette rendue à sa mère, pédophile présumée

Des centaines de personnes ont protesté samedi en Lituanie après une action de la police dans une retentissante affaire de pédophile qui secoue le pays depuis quatre ans.

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Suite à un verdict de la justice rendu il y a quelques mois, la police a enlevé jeudi à sa tante une fille de 8 ans et l'a confiée à sa mère, soupçonnée elle-même d'implication dans un réseau de pédophilie, ce qu'elle a toujours nié.

«Honte, honte»

Des manifestants se sont rassemblés samedi à Vilnius et dans la deuxième ville lituanienne, Kaunas (centre), criant «Honte, honte» pour exprimer leur colère. «C'est une action contre la violence des autorités et le mensonge. L'Etat a utilisé tant de force dans une affaire civile», a déclaré à l'AFP Darius Kuolys, participant actif des rassemblements.

L'affaire avait bouleversé la Lituanie en 2009. Le père de la fille, Drasius Kedys, avait alors publiquement accusé sa mère, Laimute Stankunaite, d'avoir permis d'abuser sexuellement de sa fille. Il avait également accusé son ex-belle soeur, Violeta Naruseviciene, d'avoir rendu possible l'accès à sa fillette et à sa propre fille à un juge et à un homme d'affaires et homme politique.

Le père retrouvé mort

Dans le courant de l’année, il avait envoyé aux parlementaires et aux journalistes des documents pour appuyer les accusations et avait même placé sur internet le témoignage de sa fille. Malgré une plainte déposée à la police par le père, et des accusations lancées contre le juge, le parquet local n'avait pas mené à l'époque l'enquête jusqu'au bout.

La justice s'est saisie de l'affaire uniquement après que le juge et Mme Naruseviciene eurent été trouvés morts, tués par balles. Le parquet s'est dit convaincu que tous deux avaient été tués par le père de la fille, qui a disparu. M. Kedys, devenu entre-temps un héros populaire, a été retrouvé mort en avril 2010.

Jeudi, la police a interpellé 39 personnes qui tentaient d'empêcher la police de transférer la fille pour la remettre à sa mère.

(afp)