Pakistan

25 juillet 2018 06:20; Act: 25.07.2018 22:52 Print

Fin du vote pour des législatives endeuillées

Alors que les Pakistanais se rendaient aux urnes ce mercredi pour des législatives, un attentat suicide a fait au moins 31 morts dans le sud-ouest du pays.

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L'attentat se produit alors qu'un scrutin tendu se déroule actuellement dans le pays pour élire le prochain Parlement. (Photo: AFP)

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L'attaque, revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), a fait au moins 31 morts et 70 blessés près d'un bureau de vote de Quetta, dans la province du Baloutchistan.

L'attentat a encore assombri un scrutin marqué par de précédents attentats et par de lourdes accusations d'interférence de l'armée dans la campagne électorale.

Quelque 106 millions d'électeurs, sur une population de 207 millions de personnes, étaient appelés aux urnes dans plus de 85'000 bureaux de vote. La participation est estimée «entre 50 et 55%», soit proche de celle des élections précédentes en 2013, selon Bilal Gilani, directeur du centre de sondages Gallup Pakistan.

Le dépouillement a commencé peu après la fin du vote et de premiers résultats partiels étaient attendus dans la soirée. Mais les pronostics restent délicats. «Ces élections sont trop serrées, surtout dans (la province du) Pendjab, qui va décider de tout» en raison de son poids démographique (plus de la moitié de la population du pays), a estimé l'analyste Azeema Cheema.

Premières tendances

Le mouvement Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) dirigé par l'ancien champion de cricket Imran Khan arriverait en tête des élections législatives, rapportaient quatre chaînes de télévisions pakistanaises dans la soirée. Leurs projections accordent à sa formation entre 94 et 102 sièges sur les 272 que compte le Parlementnt pakistanais.

La Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N) de l'ancien premier ministre Nawaz Sharif est quant à elle créditée de 40 à 58 sièges. Ces projections sont fondées sur les résultats de 10% à 15% des suffrages.

La campagne a été brève et acrimonieuse. Elle a été dépeinte par certains observateurs comme l'une des plus «sales» de l'histoire du pays en raison de nombreuses manipulations présumées, censées favoriser Imran Khan et son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI). L'autre principal prétendant au poste de Premier ministre est Shahbaz Sharif, frère de l'ancien chef du gouvernement Nawaz Sharif, à la tête du parti PML-N.

Scrutin «calme, ordonné, pacifique»

Les électeurs, hommes et femmes séparés, se pressaient eux aussi en de longues queues devant les bureaux de vote. Une observatrice occidentale postée dans le Pendjab a fait état d'un processus «calme, ordonné et pacifique» et d'une forte affluence dans les bureaux de vote.

Quelque 800'000 militaires et policiers avaient été déployés pour assurer la sécurité. La Commission électorale pakistanaise a par ailleurs octroyé aux gradés des pouvoirs judiciaires étendus à l'intérieur des bureaux de vote.

Outre l'attentat de Quetta, un policier et un militant du PTI ont été tués dans deux incidents distincts dans l'ouest du pays, selon la police.

Une série d'attentats avait déjà coûté la vie à quelque 180 personnes dont trois candidats lors de meetings électoraux à la mi-juillet. La situation sécuritaire du pays demeure néanmoins bien meilleure qu'il y a quelques années.

«Nouveau Pakistan»

Les électeurs, parmi lesquels près de 20 millions de primo-votants, doivent choisir un successeur au parti des Sharif, aux manettes depuis 2013. Les chances d'Imran Khan d'évincer le PML-N semblent meilleures que jamais. Connu comme ancien playboy en Occident, il se présente dans son pays sous un jour beaucoup plus conservateur sur un programme anti-corruption baptisé «La route vers un nouveau Pakistan».

Mais il est aussi connu pour flirter avec des thèses extrémistes et accusé de bénéficier de l'appui en sous-main de la puissante armée. Cette dernière a dirigé le pays pendant la moitié de ses 71 ans d'histoire. Elle se défend de tout «rôle direct» dans les élections. Une troisième formation, le PPP de Bilawal Bhutto Zardari, fils de l'ex-Première ministre assassinée Benazir Bhutto, pourrait être appelée à former une coalition avec le vainqueur.

(nxp/afp)