Européennes

27 mai 2019 01:50; Act: 27.05.2019 08:01 Print

France: Macron battu par l'extrême droite

Le parti du président français a été devancé de peu par le Rassemblement national de Marine Le Pen (24% des voix).

storybild

Jordan Bardella menait la liste du Rassemblement national. (Photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen est arrivé en tête dimanche des élections européennes, en devançant d'environ 1% la liste soutenue par le président Emmanuel Macron, tandis que les écologistes ont pris une surprenante troisième place.

Marqué par une participation nettement plus élevée que prévu, au-delà des 50%, le premier scrutin intermédiaire depuis le début du quinquennat a confirmé le duo de tête attendu et acté la recomposition de la scène politique enclenchée lors de la présidentielle de 2017. Il a aussi été riche en surprises, avec le crash des Républicains de Laurent Wauquiez - à un plus bas historique - et la dégringolade de la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Selon les résultats quasi définitifs, calculés sur la base de 98% des inscrits, le mouvement d'extrême droite et sa tête de liste Jordan Bardella s'imposent avec 23,4% des suffrages, en deçà de son score des européennes de 2014 (24,9%). Le RN est devenu «le premier parti mais surtout (...) le mouvement de la future alternance», s'est félicitée Mme Le Pen.

La liste Renaissance pro-Macron menée par l'ex-ministre Nathalie Loiseau suit à 22,3 %, un score inférieur au résultat d'Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle (24%). Une dizaine de points derrière, les écologistes d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) surprennent en obtenant 13,4%, alors qu'ils étaient donnés sous les 10% par les sondages.

«Score honorable»

«La catastrophe annoncée pour Macron n'a pas eu lieu, le RN réalise un score important mais pas spectaculaire comparé à celui de 2014», a résumé Zaki Laïdi, politologue au Cevipof.

L'entourage du chef de l'Etat a défendu un «score honorable» dans un contexte national difficile, avec la crise des «gilets jaunes», sur fond de poussée eurosceptique en Europe. Mais «quand on termine deuxième, on ne peut pas dire qu'on a gagné», a reconnu le Premier ministre Edouard Philippe.

Emmanuel Macron s'était beaucoup engagé dans la campagne en affirmant sa détermination à battre le RN. Pari manqué. Pour autant, l'Elysée a annoncé que le chef de l'Etat n'allait pas changer de cap et même «intensifier l'acte 2 de son quinquennat». Mais pour le RN, «le pouvoir en place essuie un véritable échec», a fustigé M. Bardella, devant des partisans enthousiastes.

Dans un bar de l'Est parisien, on a également sabré le champagne pour célébrer la tête de liste d'EELV, Yannick Jadot, qui a salué «une vague verte européenne», en faisant allusion à la percée des Verts allemands au-delà des 20%. Alors que tous les candidats ont verdi leurs programmes, «les électeurs ont préféré ceux qui ont toujours défendu l'écologie», a commenté auprès de l'AFP Daniel Boy, professeur à Sciences-Po.

L'ambiance était en revanche plombée chez les Républicains qui réalisent le pire score de l'histoire de la droite (8,4%), très loin du résultat de l'UMP en 2014 (20,81%). «La droite traverse une crise profonde, tout est à reconstruire», s'est désolé la tête de liste François-Xavier Bellamy. Cette reconstruction «sera longue et exigeante», a reconnu le patron du parti, Laurent Wauquiez, fragilisé.

LFI loin du compte

Les mines étaient lugubres aussi à LFI (6,3%), qui termine très loin des 19,58% de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. «Très décevant», a jugé ce dernier, le visage sombre. Quant à l'alliance Parti Socialiste-Place Publique, elle recueille 6,1%, là aussi son plus mauvais score à des européennes, mais qui lui permet au moins de garder des eurodéputés, ce qui était la priorité N.1.

PS et LR, qui ont gouverné alternativement la France pendant plus de 35 ans (1981-2017), dépassent à peine les 15% cumulés ce dimanche. «Les anciens clivages ne sont plus», a commenté Edouard Philippe.

Les autres listes ont obtenu moins des 5% nécessaires pour envoyer des représentants au Parlement européen. Un nombre record de 34 listes, dont deux issues des «gilets jaunes» à 0,5% cumulé, concouraient à cette élection qui renouait avec une circonscription nationale unique. Le parti animaliste a obtenu un score surprenant de 2,1%.

Sur les 79 sièges dévolus à la France au Parlement européen, le RN et LREM obtiendront chacun une vingtaine de sièges, alors que les grandes manoeuvres vont commencer à Strasbourg et Bruxelles pour bâtir des groupes et construire une majorité. Malgré les victoires de Marine Le Pen en France, Matteo Salvini en Italie et Nigel Farage au Royaume-Uni, la poussée eurosceptique semble avoir été contenue.

Mais si le Parti populaire européen (PPE) et les sociaux-démocrates (S&D) restent les deux principales formations de l'hémicycle européen, ils perdent leur capacité à réunir à eux seuls une majorité. Ils devront composer avec les écologistes, qui passent de 52 à 67 sièges, et les Libéraux (Alde), dont le parti d'Emmanuel Macron, qui obtiennent 108 sièges contre 69 actuellement.

Mme Le Pen espère, avec la Ligue de Matteo Salvini arrivée sans surprise en tête en Italie, fédérer une large alliance de partis nationalistes, eurosceptiques et populistes. Leur groupe parlementaire, l'ENL, est crédité de 55 sièges contre 37.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • L Americain le 27.05.2019 06:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Normal

    Rien d étonnant

  • Le Veilleur le 27.05.2019 07:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Normal...

    Les français en ont marre de l'anarchie politique de leur pays... Ils aimeraient au moins savoir dans quelle direction aller...

  • Amédée Prougnard le 27.05.2019 07:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Elle est pas belle la vie ?

    La nouvelle qui fait que ma journée va être excellente.

Les derniers commentaires

  • juste une question le 27.05.2019 20:18 Report dénoncer ce commentaire

    Macron au parlement européen ?

    J'ai cru comprendre que la France a demandé une dérogation pour que Macron puisse siéger dans le groupe LREM au parlement européen. Pouvez vous confirmer ?

  • Fr le 27.05.2019 11:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Votez!

    J'invite le gouvernement français à ouvrir plus de guichets de vote pour la prochaine élection, afin d'éviter l'abstention. À Lausanne la queue était bien trop longue ça en a découragé plus d'un.

  • Giorgio le 27.05.2019 11:11 Report dénoncer ce commentaire

    Mama Mia

    Très malin d'envoyer des nationalistes au Parlement Européen !! Pourquoi les anti-UE ont le droit de se présenter à ces élections ? C'est n'importe quoi!

    • Tom Granger le 27.05.2019 14:20 Report dénoncer ce commentaire

      Ce qui fait sa force...

      C'est le principe de ce système, il n'exclut personne y compris ceux qui ont juré sa perte. On dit même que c'est ce qui fait sa force alors nous verrons. Dans tous les cas, il est important de ne pas trop s'accrocher à un système quel qu'il soit car les systèmes sont archi temporels par essence et celui-ci n'a que quelques siècles pour une civilisation plurimillénaire. Le reste est fait de choix, de concessions et / ou conséquences...

  • Info le 27.05.2019 10:59 Report dénoncer ce commentaire

    Changement radical

    Il n'y a pas que les français , c'est toute lEurope qui en a marre de cette politique UE, et pour cette raison les prochains vote dans notre pays faut refuser tous ce qui concerne les demandes de l'UE surtout l'accord-cadre cette lois doit être refusée.

  • Pensif12 le 27.05.2019 09:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Contenir les traîtres? Améliorer la société

    Le président Macron doit avoir le sourire jusqu'au oreilles. La RM à l'agonie selon ses détracteurs, arrive deuxième à un point du FN. Ce dernier ne peut compter sur pas grand monde. Même Debout la France, crédité de 3.4% des voix et aux idées aussi nauséabonde que FM est resté assez marginal. La Republique en Marche 22.5%, le EEEV 13,1%, les Républicains et leur résultat décevant à 8.3% et le EES à 6.4% tournent autour des 50%. Ils sont tous ouvertement pro-européen. Mélenchon et la FI à 6.3%, c'est la chute. Tous les autres parti 16.6%, s'ils n'ont pas obtenu le seuil nécessaire, n'auront aucun député. Parmis ces derniers, il y a aussi plusieures formation pro-européenne. Les résultats économiques qui s'améliorent en France et la décrue du chômage depuis un an, devrait affaiblir les populistes et le nationalistes. Ces partis ont besoin de crises économiques, d'attentats, d'augmentation de la criminalité pour que les idées nauséabonde de leurs leaders obtiennent des soutiens des citoyens. Ce n'est pas pour rien qu'ils développent des liens avec des chefs d'états douteux. Poutine pour Le Pen et Maduro pour Mélenchon.

    • Baron de la Courtoisie le 27.05.2019 11:18 Report dénoncer ce commentaire

      @Pensif12

      " Les résultats économiques qui s'améliorent en France et la décrue du chômage depuis un an, devrait affaiblir les populistes et le nationalistes"... hi hi hi, merci pour ces analyses à "haute valeur stratégique". Nan, sans déconner, vous pourriez prévenir avant d'enchaîner autant de jokes !

    • Sanspif le 27.05.2019 22:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Pensif12

      ´nauséabondes ´ le nouveau mot à la mode...et répété tel un perroquet