Etats-Unis

14 février 2011 20:14; Act: 14.02.2011 21:16 Print

Frein sur le gaspillage dans le budget fédéral

Barack Obama veut légèrement réduire en 2012 le train de vie de l'Etat.

Une faute?

Stop au gaspillage et aux dépenses inutiles, préconise le président américain, qui a remis lundi le nouveau projet de loi de finances au Congrès. Ce budget lui vaut des critiques des Républicains et grincements de dent des Démocrates.

Ces dépenses, 3729 milliards de dollars pour l'exercice qui courra d'octobre 2011 à septembre 2012, sont de 2% inférieures à celles de l'exercice actuel, qui devraient atteindre 3819 milliards de dollars.

«Le seul moyen d'investir dans notre avenir est que notre Etat vive selon ses moyens», a déclaré Barack Obama. «Nous le ferons notamment en éliminant le gaspillage et en taillant dans toutes les dépenses dont nous pouvons nous passer».

Le déficit serait ramené à 1101 milliards de dollars, soit 7,0% du produit intérieur brut américain, contre un record de 1645 milliards (10,9% du PIB) prévu désormais sur l'exercice 2011. Ces chiffres sont fondés sur des prévisions économiques optimistes pour 2012, bien que la Maison Blanche ait abaissé ses prévisions de croissance pour 2011.

Avec le retour de la croissance, l'exécutif américain table sur une augmentation de 21% des recettes fiscales en 2012. Il estime qu'elle lui permettra de réduire le déficit. Pourtant, le taux de chômage, en baisse, devrait rester malgré tout très élevé, à 9,3% en moyenne en 2011, pour ensuite diminuer à 8,6% en 2012.


Hausses d'impôts

Le budget présenté par la Maison Blanche prévoit notamment d'abandonner les réductions d'impôts pour les ménages les plus fortunés, décidées par son prédécesseur George W. Bush et reconduites récemment en geste de conciliation avec l'opposition républicaine victorieuse aux élections législatives.

La réplique de ces derniers ne s'est pas faite attendre: «En continuant la frénésie de dépenses et de hausses d'impôts massives qui pèsent sur les familles et les petites entreprises, il va alimenter davantage d'incertitude économique et rendre plus difficile la création d'emploi», a estimé le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner.

Le nouveau budget prévoit aussi d'éliminer douze exemptions d'impôts qui profitaient aux producteurs de pétrole, de gaz et de charbon.

L'administration veut aussi couper dans les dépenses, à hauteur de 1100 milliards d'économies en dix ans. Elle prévoit de réduire de 78 milliards les dépenses du Pentagone au cours des cinq prochaines années, de tailler dans l'aide aux frais de chauffage des plus démunis et de geler les salaires des fonctionnaires.


Critiques démocrates

D'autres coupes seront effectuées dans les aides au logement et le financement des prêts étudiants. Mais les aides aux chômeurs seront maintenues.

Sur sa gauche, le président ne bénéficie pas non plus d'une adhésion sans failles, même si les démocrates approuvent généralement le budget dans son ensemble. Chris van Hollen, le «Monsieur Budget» des démocrates de la Chambre qualifie les «choix difficiles» du président de «responsables», tout en affirmant qu'il n'est «pas d'accord avec tout».

Le budget 2012 prévoit également des investissements de 18 milliards de dollars dans l'accès à l'internet et de 8 milliards dans le développement des trains à grande vitesse.

Le déficit budgétaire de l'Etat fédéral campe au sommet depuis plus de deux ans. Après avoir atteint un record à plus de 1400 milliards de dollars pour l'exercice 2009 (10,0% du PIB), il est retombé un peu au-dessous de 1300 milliards (8,9% du PIB) en 2010. L'objectif du gouvernement est de réduire de moitié ce déficit d'ici la fin du mandat de Barack Obama en 2014.

(ats)