Asie

13 décembre 2008 12:52; Act: 13.12.2008 12:56 Print

Front commun face à la crise

Le Japon, la Chine et la Corée du Sud ont appelé samedi à un renforcement de la coopération en Asie pour affronter la crise économique mondiale.

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Ils proposent notamment de recapitaliser la Banque asiatique de développement.

Les premiers ministres japonais, Taro Aso, et chinois, Wen Jiabao, et le président sud-coréen Lee Myung-Bak se sont réunis à Fukuoka au Japon pour un sommet exceptionnel largement consacré à la lutte contre la crise économique mondiale.

Ces trois pays représentent les trois quarts du produit intérieur brut asiatique. Ils jugent «nécessaire de renforcer leur coopération pour gérer la situation actuelle», ont-ils indiqué dans un communiqué commun.

Selon les trois dirigeants, les pays d'Asie devraient «jouer leur rôle en tant que «pivot pour la croissance économique mondiale», afin de renverser le cours négatif de l'économie internationale».

Pour renforcer la coopération régionale, ils pensent qu'il faut augmenter rapidement le capital de la Banque asiatique de développement. Cette institution pourrait «aider les pays asiatiques en développement touchés par la crise financière, notamment pour soutenir leurs infrastructures et secteurs financiers».

Fonds commun anti-crise

Les trois dirigeants ont en outre pressé les pays asiatiques de concrétiser leur engagement d'instaurer un fonds régional anti- crise, en prolongeant l'»initiative de Chiang Mai». Il s'agit d'un système d'échange de devises instauré en 2000 après une tempête financière.

Tokyo, Pékin et Séoul se sont mis d'accord en octobre avec les dix pays de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) pour créer un fonds commun de 80 milliards de dollars d'ici juin 2009.

Vendredi, la banque centrale de Corée du Sud avait annoncé une extension des accords d'échange de devises avec la Chine et le Japon, afin d'apaiser les tensions sur le won, la monnaie sud- coréenne, attaquée depuis le début de la crise financière.

Impensable deux ans plus tôt

MM. Aso, Wen et Lee n'ont annoncé samedi aucune décision concrète. Mais selon le Premier ministre chinois, le principe même de ce sommet constituait «une étape importante».

Il s'agit de la première réunion tripartite entre les trois puissances en dehors des réunions multilatérales. Elle aurait été inimaginable il y a encore deux ans, lorsque Chine et Corée du Sud reprochaient vertement au Japon de ne pas exprimer de regrets pour sa politique impérialiste avant et pendant la Seconde guerre mondiale.

(ats)