17 mars 2011 18:23; Act: 17.03.2011 18:26 Print

Fusillades et explosions à Abidjan

Douze personnes au moins ont été tuées en Côte d'Ivoire jeudi par l'explosion d'un obus sur un marché d'Abidjan, dans un quartier jugé favorable à Alassane Ouattara, rapportent des habitants.

Une faute?

Des fusillades et d'autres explosions avaient auparavant retenti dans la matinée et la nuit dans plusieurs quartiers de la ville.

«J'ai vu les corps d'une femme et de onze hommes et jeunes gens, devant une cour. Actuellement, on est tous éparpillés dans le quartier. J'ai fui ma maison avec mes enfants pour nous mettre dans les maisons plus loin dans le quartier», a rapporté une habitante.

«Certains obus sont tombés près du marché, on a vu les 12 morts», a confirmé un autre habitant. Deux autres personnes ont affirmé avoir vu ces corps. Selon plusieurs témoignages, le bilan pourrait être plus lourd.

Abobo est depuis mi-février le théâtre d'affrontements entre insurgés pro-Ouattara et forces fidèles au président sortant Laurent Gbagbo, qui se sont ces derniers jours étendus à d'autres quartiers d'Abidjan.


Forces pro-Gbagbo accusées

L'origine des tirs n'a pas été formellement identifiée. Mais plusieurs témoignages ont désigné les forces pro-Gbagbo.

Quartier le plus peuplé de la capitale économique ivoirienne, Abobo est contrôlé en large partie par les insurgés pro-Ouattara. La camp Gbagbo a reconnu que la zone était «truffée» de «rebelles». Depuis ce fief, les insurgés progressent dans les quartiers avoisinants.


Tirs durant la nuit

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des tirs, notamment à l'arme lourde, ont ainsi été entendus dans le quartier d'Adjamé, qui abrite deux importants camps militaires sur la route du Plateau, quartier administratif où se trouve le palais présidentiel de M. Gbagbo.

Ils ont également retenti dans le quartier résidentiel de Cocody, où se trouvent le siège de la Radio-télévision ivoirienne (RTI, contrôlée par le camp Gbagbo) et la résidence du président sortant.

Depuis le début de la semaine, des affrontements ont aussi éclaté dans le secteur Port-Bouët 2, une enclave pro-Ouattara dans le quartier de Yopougon (ouest), bastion de M. Gbagbo. Des tirs à l'arme lourde y ont été entendus toute la nuit et un imam y avait été tué par balle mardi.


ONU: plus de 400 morts

En dehors de la capitale, des combats ont éclaté dans l'ouest du pays, près de la ligne de cessez-le-feu établie entre le Nord et le Sud après une guerre civile en 2002-2003.

L'Onuci a recensé cette semaine 18 nouveaux décès dans le pays, dont ceux de quatre femmes, ce qui porte à 410 le nombre de personnes tuées depuis mi-décembre.

Des enfants auraient notamment été tués ou mutilés dans les violences post-électorales. Certains souffrent de traumatismes psychologiques après avoir vu leurs parents se faire tuer sous leurs yeux.

Par ailleurs, l'Onuci a enquêté sur des allégations de charnier dans le secteur de N'dotré au nord d'Abidjan mais «n'y a identifié aucun type de charnier», a-t-elle déclaré jeudi dans un communiqué. Les deux équipes qui se sont rendues sur le terrain les 12 et 14 mars n'ont identifié «aucun endroit pouvant abriter un charnier ni des traces de charnier», précise le communiqué.

(ats)