Israël

17 septembre 2019 04:13; Act: 18.09.2019 06:30 Print

Gantz, le militaire qui veut évincer Netanyahu

L'ex-chef de l'armée israélienne Benny Gantz est le seul capable de vaincre Benjamin Netanyahu lors des législatives de ce mardi.

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Benny Gantz en campagne à Tel Aviv le 15 septembre 2019. (Photo: AFP)

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Benny Gantz, le principal rival de Benjamin Netanyahu aux législatives de mardi, est un ancien chef de l'armée israélienne qui s'est donné pour mission de restituer un sens de «l'honneur» à la fonction de Premier ministre.

L'ex-militaire de carrière n'avait aucune expérience politique lorsqu'il s'est jeté dans l'arène en décembre dernier pour former un nouveau parti centriste, «Kahol Lavan» en hébreu, Bleu-blanc en français, les couleurs du drapeau israélien.

Cette «start-up politique», qui a fédéré des voix anti-Netanyahu, s'est rapidement imposée, terminant ex-aequo aux législatives d'avril avec le Likoud du Premier ministre. Ce dernier n'ayant pas réussi à former une coalition gouvernementale, de nouvelles élections ont été convoquées. Et le général Gantz est retourné au combat, plus aguerri.

Chasser Netanyahu du pouvoir

Son message est clair: le but est de chasser Benjamin Netanyahu, au pouvoir sans discontinuer depuis dix ans, qu'il accuse de mettre en péril les institutions du pays.

Benny Gantz propose une vision plus libérale de la société et souhaite mettre en place un gouvernement laïc favorable au mariage civil, ce qui n'est pas d'usage en Israël. Mais comme Benjamin Netanyahu, il soigne son image de faucon, affirmant vouloir conserver le contrôle militaire israélien sur la majeure partie de la Cisjordanie occupée.

Pur «sabra» - terme qui désigne les juifs nés en Israël -, ce fils d'immigrants rescapés de la Shoah est né le 9 juin 1959 à Kfar Ahim, un village du sud d'Israël. Le jeune Gantz a rejoint l'armée en tant que conscrit en 1977. Parachutiste, il gravit les échelons et obtient le grade de général en 2001 avant de prendre la tête de l'armée de 2011 à 2015.

Dur à cuire

Lors de la dernière guerre à Gaza, c'est lui qui est aux commandes. Dans une vidéo de campagne au printemps dernier, il se targuait d'ailleurs du nombre de «terroristes» palestiniens tués durant cette opération en 2014, sans évoquer les victimes civiles.

Dans son manifeste, le parti Bleu-blanc prône une séparation entre Israéliens et Palestiniens, sans toutefois nommer spécifiquement la solution à «deux Etats», qui prévoit la création d'un Etat palestinien coexistant avec Israël.

Sur le programme nucléaire iranien - qu'Israël considère comme une menace pour sa sécurité - tout comme sur le Hezbollah libanais, ou encore le Hamas, mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza, difficile de discerner les différences avec les vues de Benjamin Netanyahu, explique à l'AFP Jonathan Freeman.

Selon le politologue de l'Université hébraïque de Jérusalem, cela n'a rien de surprenant, compte tenu du fait que beaucoup des cadres de Bleu-blanc ont «pendant plusieurs années travaillé sur ces questions de sécurité avec Netanyahu».

Tolérance zéro

Benny Gantz a d'ailleurs fait alliance avec deux autres anciens chefs d'état-major, Moshe Yaalon, qui a été ministre de la Défense de Benjamin Netanyahu, et Gaby Ashkenazi, qui était en poste au cours du deuxième mandat de Benjamin Netanyahu en 2009.

«Je ne prévois aucun changement réel en termes de politique de sécurité» en cas de victoire de Bleu-blanc, précise le politologue, ajoutant que les dirigeants de ce parti bénéficient du respect de la population pour l'armée, institution vénérée en Israël. «Ils incarnent des valeurs morales supérieures», tandis que Benjamin Netanyahu est dépeint «comme quelqu'un de corrompu et qui ne pense qu'à lui», résume-t-il. Benjamin Netanyahu doit être entendu en octobre par la justice qui décidera ou non de son inculpation pour «corruption», «fraude» et «abus de confiance».

La tête haute, le regard droit, Benny Gantz préconise la «tolérance zéro» contre la corruption et s'affiche en rassembleur. «Sous ma gouverne, le parti Bleu-blanc changera la direction du gouvernail de l'Etat israélien vers plus de démocratie. Finis les clivages visant à diviser pour régner; au contraire des actions rapides seront prises pour former un gouvernement d'union», a assuré Benny Gantz dans une tribune publiée lundi dans les principaux quotidiens israéliens. Il y affirme vouloir diriger le pays dans «l'intérêt de tous les Israéliens» et «non dans l'intérêt de groupes de pression».

Père de quatre enfants

Des propos visant indirectement Benjamin Netanyahu, accusé par ses adversaires de se maintenir au pouvoir grâce à ses appuis parmi les partis ultra-orthodoxes et le mouvement des colons dans les Territoires palestiniens occupés.

Grand fan de football, Benny Gantz est père de quatre enfants. Il est titulaire d'une licence d'histoire de l'université de Tel-Aviv, d'un master en Sciences politiques de l'université de Haïfa et d'un master en gestion de ressources nationales de la National Defense University aux Etats-Unis.

(nxp/afp)